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Comme Perse a bien plus suivi cer. te mechode

que Juvenal, il a pafle pour eftre bien plus obscur. Mais dés le moment que les Personnages sont distingués, dites-moy, je vous prie, quelle obscurité vous y trouvés.

Hermogene enseigne dans fa Rhetorique , qu'il n'y en a que de trois forces. Ceux qui mêlent des mots Grecs, ou Latins dans nostre Langue, comme font nos Theologiens, & nos Philosophes, sont obscurs de la premiere maniere.

En fecond lieu , comme chaque Arc a les termes

on ne les entend pas non plus, si on ne les étudie par- 11 ticulierement, & les Livres des Medecins seront toûjours obscurs à ceux qui n'auront pas appris leur langage.

Enfin, il y a des Coûcumes si éloignées de nous, que les expressions nous en font inconnues. Ainsi nous ne pouvons trouver que

beaucoup d'obscurité dans les descriptions des

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Habits, des Festins, de la Milice, de la . Monnoye , des Ceremonies des Mariages, ou des Funerailles des Anciens.

Mais je veus bien croire qu'il y a encore beaucoup de choses, qui rendent le discours obscur, Car qui estce, qui ne peut pas faire reflexion, que l'usage des termes trop nou veaux, ou trop anciens, empesche de nous bien faire entendre, sans comprer tout ce qui se crouve dans la suite du discours, où le sens est interrompu , où la pensée est détournée tout d'un

coup,

où elle est déguisée par des metaphores , où elle est cachée par

des allusions , où il paroist que l'on parle d'une chose, bien que l'on en exprime une autre.

Ce seroit peut-estre trop justifier Perfe sur l'obscurité, que la plậpart des Critiques luy imputent, que de pretendre qu'il n'y a pas lieu de luy en attribuer aucune de toutes cel

L iiij

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A

tes, que je viens de remarquer.

Je n'ay point trouvé neaninoins qu'il ayt mêlé dans fes Sacyres aucuns termes étrangers, comme nous faisons souvent dans noftre Langue , bien qu'elle aycan asfés grand fond, quand on sçait bien s'en servir, pour

n'avoir pas befoin des richesses empruntées ailleurs.

Je n'ay point vell qu'il se serve de certains mots destinés à des Arts para siculiers, & j'ay remarqué qu'il n'employe que ceux qui avoient este recers par l'ufdge public.

Enfin, s'il y a quelques Coûtumes des Romains un peu éloignées des não tres, ce n'est que la suite des fecles, qui vont coûjours, qui eft cause de cer éloignement. Et d'ailleurs, comme l'Hištoire nous tend presents à tous les temps, il n'y a rien de plus aisé que de nous approcher de celuy, où tout ce qu'il écrivoir, estoic connu. Si je n'ay pas adjeûté à ma traduction des

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remarques particulieres sur ces Coll: tumes, c'est qu'on les trouve ailleurs, & que je suis bien ayfe de n'aller point puiser dans des sources, où tout le monde peut aller aussi bien que moy. De plus, je ne prefens pas que ces Sau tyres soient leuës par des personnes, qui n'auroient pas déja aflés d'érudition pour connoîcre un

peu

l'anciens ne Rome..

Il seroit un peu plus difficile de juftificr ces Sacyres de l'obscurité, qui se répand insenliblement dans un difcours, où les tranfitionis font interrompuës, & où il se fait de fines allucions, qui ne s'entendent jamais

que l'on ne connoisse le fond de celuy qui les fait , & les personnes qui y sont designées. Mais il seroit ayré neanmoins de répondre que cecte forte d'ouvrage, ne devant estre que pour les personnes d'esprit , le Poëte ne doit

pas se mettre trop en peine de se rendre si clair, comme s'il avoit & traiter avec des esprits

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bien,

grossiers, ausquels quand on dit tout, on ne dit pas souvent encore assés:

Vn juste temperament de clarté, & d'obscurité fait la principale beauté du style des Satyres. Rien ne plaist tant à l'esprit que de trouver quelque chose de luy-mesme dans les objets, qu'on luy presente ;. & au contraire rien ne choque davantago que de paroistre fe deffier de fa penetration, en luy monstrant tout; de force que

c'est une habileté dans le discours, comnie dans la peinture, de n'exposer pas les choses à un crop grand jour , & d'y mênager des ombres

Mais ayant justifié jusqu'à present ..le Texte Lacin de ces Satyres , je crains bien que je n'en aye fait moins valoir la Tradu&ion. Il semble

que j'estois plus interesse à dire, que j'en. treprenois un Ouvrage difficile , où les plus Sçavans Interpretes n'ont rien entendu.

On m'auroic sceu plus de gré, en voyant que j'aurois démellé tant d'em

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