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à un ami sincère, à un homme qui joint l'ancienne probité aux lumié. res de notre temps. Je me satisfais; je suis sûr de ne pas vous déplaire. En faut-il davantage pour le cæur de

D. D, R.

votre ami

DE L'ÉDITEUR . M. D. a fait une étude trop suivie des SATIRES DE PERSE, pour dissimuler l'ess time qu'il en fait. Il présente aujourd'hui ce Poète avec trois sortes de Traductions,

SA TRADUCTION en Vers François, est destinée pour les personnes du monde qui ne veulent connoître que le goût, la marche et le caractère des Anciens. Il est certain qu'à leur égard une traduction en prose est toujours une copie imparfaite : à quelque degré de perfection qu'elle puisse être portée, elle est froide, languissante. La prose ne rend ni le coloris, ni les grâces de la poésie. Traduire les Poètes Grecs ou Latins en Prose Françoise, c'est traduire en Prose Latine Despréaux, Rousseau ou Voltaire. Ils perdent assez en passant d'une langue dans une autre, sans réduire leurs vers à notre prose. Cela s'appelle déinonter un cavalier, ou couper les aîles d'un aigle.

pour JOUVENCI

LES OBSERVATIONS critiques sur les endroits les plus difficiles du texte, et sur les Traducteurs, pourront plaire à ceux qui s'attachent au texte par état , ou par inclipation. On y trouvera des découvertes que n'ont pas faites les Coininentateurs , pas mêine lę savant, le judicieux Casaubon, qui peut tenir lieu de tous les autres, et dont l'ouvrage est un chef-d'oeuvre d'érudițion. Le lecteur y verra aussi le peu de confiance qu'on doit avoir et TARTERON, qui ont joint leurs fautes à celles des autres Interprères. Personne n'a plus abusé qu'eux de la bonne foi du Public,

LA TRADUCTION en Prose Françoise, a paru nécessaire à quelques Savants. Feu M. Crévier, qui avoit pour Perse une estiine particulière, fut le premier qui engagea D. à donner cette traduction. Le inèine avis lui a été donné par le savane Professeur, Approbateur de cet ouvrage : je veux dire par M. Louvel. Lę Traducteur a tâché d'ê tre fidèle, littéral, en conservant, autant qu'il a pu, le respect pour notre langue,

M.

qu'il n'a sacrifiée au texte que dans le besoin extrême ; mais il n'a jainais donné ses idées pour celles de Perse :

ET verbum verbo CURAVIT reddere fidus Interpres. L'INTERPRÉTATION en Prose Latine, placée vis-à-vis de la Version Françoise , est ordinairement une construction gramınaticale de Perse, ou un Commentaire tellement abrégé, qu'il peut passer pour traduction. Quand le texte est à portée de tous les Lecteurs, pour peu qu'ils soient initiés dans la langue du Poète , M. D. conserve ses expressions, sa construction, et souvent son texte entier. Pourquoi chercher des difficultés où il n'y en a pas? c'est souvent rendre obscur ce qui est fort clair. L'excellente paraphrase d'Eilhard Lubin lui a beaucoup servi. Mais Lubin est tombé lui-même dans le défaut qu'il reproche à Frischlinus. M. D. a reconnu ce défaut, et a su l'éviter. Il donne une traduction et non pas une param phrase. Dans Frischlinus les pensées de Perse, quelquefois inal-rendues, sont toujours noyées dans le verbiage du Paraphraste.

.

tes ,

Ceux qui voudront des notes, quelque fois éloignées du texte, inais toujours savan

érudites, consulteront le Commentaire in-4° de Casaubon.

En plaçant à la tête de l'ouvrage un Discours sur la Satire et les Satiriques Latins et François, M. D, a cru faire plaisir au Lecteur. Il y développe en quarante ou cinquante pages tout ce qu'on peut dire de plus intéressant de la Satire Latine, de la Françoise, er des Satiriques en ces deux langues, Il y donne une Bibliothèque Satirique assez complète depuis le siècle de Lucilius, jusqu'au nộtre ; c'està-dire , pendant un espace de plus de dixhuit siècles (*). Il exécute enfin le projet présenté par le célèbre Dacier. En joignant à ses reinarques toutes les imitations de Boileau, M. D. eût pu ajouter tous les endroits

Perse a iinités, et toutes les pensées ou même les expressions que Juvéa nal doit à Perse ; inais cela eût été trop

d'Horace que

(*) Suivant Eusebe , Lucilius mourut l'an 107 avant Jésus-Christ.

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