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PARIS, IMPRIMERIE DE P. DUPONT ET COMP. *

Pue de Grenelle-Saint-Honoré, no 55.

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'RIMERIE DE P. DUPONT ET COMP.
de Grenelle-Saint-Hoporé, no 55.

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AVERTISSEMENT.

OBJET DE LA PRÉSENTE PUBLICATION.

Le monde est posé devant vous comme un vaste problème, et un désir naturel nous pousse à en chercher le secret. C'est là une des nombreuses harmonies qui, rattachent l'homme à l'univers. Les uns se sont mis en face des objets inanimés et des êtres qui végètent ou .qui vivent, et ils en ont tracé les caractères; les autres ont contemplé le mouvement des astres, et ont donné le tableau des cieux, Une science a recherché l'action naturelle des corps pris dans leur complexité; une autre en a dissous et recomposé, les élémens; celle-ci a décrit les fonctions des corps vivans; celle-là enfin s'est approprié les abstractions de la matière : le nombre et la forme, et, en les combinant Inn avec l'au. tre, elle a rendu aux études physiques plus qu'elle ne leur avait emprunté.

1 oli Toutes ces sciences sont renfermées dans l'ordre matériel. Mais n'y a-t-il pas des mots qui n'expriment rien de ce qui se touche par les mains, ou de ce qui se voit par les yeux? Connaissance, croyance, souvenir, idée, perception, conception, conjecture, imagination, doute, jugement, raisonnement, certitude, affection, plaisir, peine,, amour , aversion, désir, crainte , espérance, regret , préférence, valonté, liberté, ame, cause, Dieu, temps, espace, moralité, de voir, dévouement... si ces mots sont à chaque instant sur nos le vres, n'expriment-ils pas des objets réels ? Cependant nous voyons que ni le naturaliste, ni le physicien, ni le chimiste ne s'occupent de ces objets. Ne peut-on pas en faire aussi l'histoire naturelle? ne peut-on rechercher en quoi ils se ressemblent ou différent, comment ils, agissent les uns sur les autres , de quels élémens ils sont composés ? Cette tentative, a été faite, et c'est ce qu'on appelle aujourd'hui en

DESCARTES, T. I.

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France la philosophie. La philosophie traite donc des objets qui ne tombent point sous les sens extérieurs.

Pourquoi ce nom a-t-il été consacré à cette étude ? Il n'avait pas, dans l'origine, une acception si limitée. Qu'un tableau se déploie devant nos yeux, nous cherchons à l'embrasser tout entier d'un seul coup-d'oeil, avant de consentir à nous enfermer dans l'examen d'un détail. C'est la marche naturelle de l'esprit humain : nous prenons la voie la plus facile, et nous nous laissons regarder ce qui semble pou. voir sur-le-champ' satisfaire notre curiosité. C'est plus tard que nous nous imposons une tâche plus laborieuse, une étude plus'approfondie, et par cela même plus restreinte. En Grèce, les premiers sages ont embrassé, dans leurs recherches, le spectacle entier de l'univers; et quand ils ont changé leur nom pour celui de philosophes, la philosophie

a été ce qu'avait été la sagesse : une recherche de la vérité en toute chose, une étude du monde tout entier.

Aristóté diviså cette étude en philosophie speculative et philosophie pratique. La première étudiait les objets sans chercher à les modifier, et se sous-divisait en 'mathémati"ques physique et philosophie première, ou science des premiers principes de la connaissance. La seconde entreprenait

d'exercer une action sur les choses, et se partageait en logique, morale politique et économique. Issue d'abord des abrégés d'Aristote, composés par Boëce et Cassiodore , la philosophje du moyen âge, celle qui régna depuis le commencement du IX° siècle jusqu'à la fin du XV°, retint la logique et la morale , laissant la politique et l'économie qui n'ont reparu que de nos jours. Elle embrassa, sous le nom de métaphysique, la philosophie première, qu'elle appela ontologie , la théologie naturelle ou théodicée, et la psychologie ; et elle abandonna les mathématiques et la cosmolo. gie, qui se réfugièrent dans l'astrologie, ainsi que la phy

sique qui tomba dans l'alchimie. La philosophie ne se composa donc plus que de la logique, de la métaphysique et de ta morale. Or ces sciences ont pour

caractère commun d'être les seules dont l'objet ne tombe point sous les sens extérieurs. Aux XVI et XVII° siècles, Télésio, Patrice, Bruno,

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