Obrázky na stránke
PDF
ePub

Apprens-donc

qui n'a

t'advertis que tu m'y trouveras tel, qu'Evandre. Mais il faut aussi que tu viennes cel qu'Hercule , ou qu'Ænée, qui estoit aussi de la race des Dieux, dont le premier alla au Ciel estant consumé

par

les flames , & l'autre ayant per i dans les caux.

quc

les mets que je te prepare, n'ont point servi d'ornement aux boutiques des rotisseurs. J'ay un chevreau de Tyvoli, qui n'a point esté à l'herbe , point broutté les bourgeons des arbres, qui a plus de lait , que de sang, qui eft gras, qui a la chair blanche & délicate, & qui a esté choiGi dans tout un troupeau. Tu auras un plat d'asperges, que ma Jardiniere a ceuillies sur la montagne, ayant mis bas sa quenoüille & son fuzeau. Je te donneray des œufs, que l'on vient d'apporter tout chauds , enveloppez dans du foin avec les poules, qui viennent de les faire. J'ay des raisins que

l'on'a gardés long temps, mais qui sont aufli frais, que si on les avoir pris aujourd'huy sur la vigne; des poires de Tarente, & de Syrie, & dans les mefmes corbeilles des pommes, qui valent cel- . les de Picene , & qui ont l'odeur aussi agreaque

Gelles estoient ceuillies depuis peu. On en peut manger sans crainte, n'ayant plus la crudité qu'elles ont dans l'automne, le froid de l’hiver ayant corrigé ce qu'il y avoit de dangereux dans leur fuc.

ble,

Evandrum, venies Tirynthius, aut minor illo Hofpes, ipfe tamen contingens sanguine ceea

lum,

Alter aquis, alter flammis a l sidera mifus.

Fercula nunc audi nullis ornata macelli:.

..

tani

De Tiburtino veniet pinguifsimus agro. Hædulus, & toto grege mollior, infcius herbe Necdum ansus virgas humilis mordere salieti,

Qui plus laetis habet, quam sanguinis : mono Asparagi, pofito quos legit villica fuso. Grandia praterea , tortoque calentia fæno Ova adfunt ipfis cum marribus, & fervate Parte anni, quales fuerant in vitibus, nu&. Signinum. Syriumque pyrum,

de cordibus iis dem Amula Picenis, odoris mala recentis, Nec metuenda tibi, ficcatum frigore postquam Autumnum, o crudi posuere pericula succi.

Hac olim nostrijam luxuriosa Senatus
Cæna fuit. Curius, parvo qua legerat horto
Ipse, focis brevibus ponebat olufcula, que nunc
Squalidus in magna fastidit compede fosfor,
Qui meminit, calidæ fapiat quid vulva popine
Sicci terga fuis, rara pendentia crate
Moris erat quondam feftis fervare diebus ,
Et natalitium cognatis ponere

lardum,
Accedente nova, fi quam dabat hoftia, carne.
Cognatorum aliquis titulo ter Confulis, atque
Castrorum imperiis, & Dictatoris honore
Funétus, ad has epulas solito maturiùs ibat,
Ere&tum domito referens à monte ligonem.
Cum tremerent autem Fabios, durumque Cato-

nem ,

Et Scauros, & Fabricios, postremo severos
Cenforis mores etiam collega timeret.
Nemo inter curas, & seria doxit habendum,

Qualis in Oceani finetu teftudo nataret , Clarum Trojugenis fa&tura ac nobile fulcrum; Sed nudo latere, & parvis frons area le&tis

Nos premiers Senateurs auroient trouvé ce repas fort grand. Quand Curius avoit ceuilli quelques herbes dans son petit jardin, il allumoir luy mesme un peu de feu , & il les faisoit cuire pour son repas. Mais aujourd’huy les derniers des Esclaves , qui travaillent à la campagne , en auroient du dégoust, ayant esté accoûtumés à l'odeur de nos cuisines, & aux excés des cabarets. : Alors une échinée de porc seichée au vent & à la fumée, sur une claye d'ofier, estoit refervée pour les jours de Festes. Quand on celebroit fa Naissance, on traitoit ses parens & ses amis avec du lard; & fi on avoit offert un Sacrifice, on fervoit quelque chose de la vi. &time. Un Ami, qui avoit esté trois fois Consal , qui avoit commandé les Armeés de la Republique, qui avoit esté élevé à la Dictature, se levoit plus matin que de coustume', pour venir à ces Festins, portant sur les épaules les instrumens dont ils cultivoient la terre. On craignoir les Catons, les Scaures, & les Fabrices, & Decius mesme apprehendoit l'au. stere severité de son Collegue.

Personne ne se faisoit une affaire serieuse de rechercher ces grandes tortuës , qui nagent dans la mer, & on ne se mettoit point en peine d'avoir un meuble plus riche, que n'avoient eu les premiers citoyens de Rome. Les lits sur lesquels on estoic allis, n'avoient au

cus ornemens. Le haut estoit d'airain, où il y avoit une tefte d'asne, qu'ils couronnoient de fleurs, & autour de laquelle les enfans avoient coûtume de jouer . Ainsi leurs festins. estoient comme leurs maisons, & comme leurs meubles.

Les Soldats encore grosiers, & qui ne sçavoient point ce que c'estoit que les ouvrages des Grecs, rompoient les Vases d'or & d'argent des plus celebres ouvriers, à la prise des Villes, pour enrichir l'équipage de leurs chevaux, ou pour monstrer sur leurs casques, à l'ennemi děja effrayé, cette louve de Romulus qui s'apprivoisa par le bonheur de nostre defin, les deux freres qu'elle allaitoit dans une caverne, & le Dieu , qui paroissoit avec le bouclier , & la pique. Tout ce qu'ils avoient d'or & d'argent, n'éclatoit que dans leurs armes. Mais dans les festins, ils ne se fervoient

quc

de Plats & de Vases de terre, dans lesquels ils presentoient des courtes , & des galteaux de froment & de miel. Et qui est ce qui n'envieroit pas le bonheur de ces premiers temps?

La Majesté des Dieux estoit aussi plus presente dans leurs Temples; on entendit une voix au milieu de la Ville , pendant le silence, & l'obscurité de la nuit, lorsque les Gaulois descendirent en Italie. Les Dieux tenoient eux-mesmes la place des devins. Ils ad

Vile

« PredošláPokračovať »