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K un privilège qu'il a refusé à des milliers de sincères « croyantsl. »

Pour combattre les dissidents, il faut qu'il renonce au principe fondamental du protestantisme. « Depuis long« temps ils tiennent, dit-il, que l'Écriture est la règle « pour discerner ce que prescrit la Religion, et que l'au« torité humaine doit être entièrement exclue. Leurs < ancêtres n'auroient pas été, je crois, médiocrement « embarrassés avec leur maxime, s'ils n'avoient possédé « un talent singulier pour voir dans l'Ecriture ce qu'ils « avoient envie d'y voir. Presque toutes les sectes y trou« voient leur forme particulière du gouvernement ecclé« siastique; et tandis qu'elles ne faisoient que réaliser « leurs imaginations, elles croyoient exécuter les ordres « du ciels. »

Ainsi, dès qu'on adopte la voie d'examen, quelques esprits inquiets se font une Religion selon leurs caprices; et le peuple suit au hasard le premier qui l'appelle.

Cependant, loin de sortir de cette voie absurde, impossible, ridicule, la Réforme ne cesse de répéter à ses disciples : « Sondez les Écritures, examinez, réflé

1 Open yoqr Bibles : take the first page that occurs in eilher Testament, and tell me, without disguise, is there nolhing in it too hard for Jour understanding? If you find ail before you clear and eosy, you may thank God l'or giving you a privilege which he bas denied to many thousand of sincere believers. Ibid., p. 133.

* It bas long been held among thein that Scripture only is the rulo and test of ail religious ordinances; and that human autbority is to be altogether excluded. Their ance stors, I believe, would have been not a little embarrassed with their own maxim, if tbey had not possessed a singulnr talent of seeing every thing in Scripture which tbey had a mind to see. Almost every sect could find there its own peculiar form of Church-government; and while they enforced only their own imaginations, tbey believed themselves to be executing the decrees of heaven. Ibid., p. 21G.

« chissez, jugez vous-mêmes de ce que je dis ne vous « laissez imposer par aucune autorité, ni par les Pères, « ni par les conciles, ni par vos aïeux, ni par les rèfor« mateurs même, imparfaits comme vous, faillibles a comme vous, ni par leurs confessions de foi et leurs « synodess; quand il s'agit de soi, de ses réflexions, de « son jugement, de sa propre responsabilité, que signi« fie ce respect irréfléchi pour l'antiquité*? » Tel est le langage de la Réforme. Mais considérez la suite : à peine a-t-elle déféré à la raison individuelle le jugement de tous les devoirs, que la Religion, perdant son caractère de loi, n'est plus à ses yeux qu'une science* toujours susceptible de perfectionnement, et sujette à toutes les réformes que le bon sens et le talent opèrent *. Dès lors il lui faut reconnoître que la Religion, ainsi conçue, est hors de la portée de la plupart des hommes **, et

1 Causes qui retardent, chez les Réformés, les progrès de la théologie, par M. Chenevière, pasteur, et professeur de théologie dans l'académie de Genève, 1819.

3 Ibid., p. 24 et suiv.

5 Ibid., p. 32.

"La science substituée à la foi, voilà le principe de tonte erreur; et l'hérésie ne fait autre chose que répéter aux hommes les paroles du tentateur: « Vous serez comme des dieux, sachant; eritis sicut dii, « scientes. »

4 Causes gui retardent, chez les Réformés, les progrès de la théologie, p. 29 et 41.

Un évé"que anglican, le docteur Watson, s'adressant à son clergé, confesse ingénument qu'il ne lui est pas aisé de dire quelle est la vraie doctrine chrétienne; il n'en sait rien, non plus que l'Église, et tout ce qu'il semble craindre, c'est que les pasteurs qu'il doit diriger s'imaginent en savoir davantage. Ses paroles méritent d'être citées : i Je « crois plus sûr de vous dire où la doctrine chrétienne est contenue, « que ce qu'elle est. Elle est contenue dans la Bible; et si, en lisant « ce livre, vos sentiments concernant es doctrines du christianisme condamner Jésus-Christ, dont les enseignements s'adressoient à tout le peuple sans distinction, en s'élevant contre les théologiens qui se font des partisans dans les classes les moins instruites et parmi des gens incapables de juger, et veulent faire prendre parti, sur des doctrines qui touchent à des abîmes, le simple artisan, l'homme von lettré, lesquels répètent des mots qu'ils ne peuvent comprendre *.

« différoient de ceux de voire voisin, ou de ceux de l'Église, soyez « persuadé, de votre côté, que l'infaillibilité vous appartient aussi peu « qu'à l'Église. » — « l think it safer to tell you, where they are « contained (the Christian doctrines), than, what theij are. They are « contained in the Bible, and if, in reading that book, your senti« ments concerning the doctrines of christianily should be différent « of those ofyour neighbour, or from those ofthe Church, be persua« ded, on your part, that infallibilily appertains as Utile to you, as « it does to the Church. » Bishop Watson's charge to lus clergy, in 1795. — « Il n'y a, dit Rousseau, que les bons raisonneurs qui puis« sent avoir une foi solide èt sûre. » [Lettres de la Montagne, p. 89.) Je voudrais bien savoir comment on sera certain d'être un bon raisonneur. Au reste les protestants vont aujourd'hui plus loin que Rousseau, puisque l'évêque Watson, qui se croyoit sans doute un bon raisonneur, pensoit si peu que cela suffit pour avoir une foi solide et sûre, qu'il ue savoit pas même quelle étoit sa foi.

"Causes qui relardent, chez les Réformés, etc.; par M. Chenevière, pasteur, etc., p. 50 et 51.— Les anglicans sont, comme les calvinistes, obligés de renoncer à la plupart des dogmes chrétiens, à cause des difficultés qu'ils présentent à la raison particulière. Ils avouent expressément l'impossibilité où sont presque tous les hommes de reconnoître, par la méthode protestante, la véritable doctrine de Jésus-Christ ou la vraie Religion. Voici de quelle manière s'exprime à ce sujet Edouard Ryan, vicaire de Donoghmore, en Irlande : « Les questions '< agitées dans les Pays-Bas relativement à la Trinité, à la prédestina« tion, à la grâce, à la réprobation, à la satisfaction, au salut des en« fants, etc., étaient trop obscures pour être jamais décidées; et on « pouvoit aisément les faire renaître lorsque l'occasion l'exigeoit. Il « est diabolique de diviser les hommes par des controverses de peu « d'importance, ou même par des controverses importantes, dont le

Qu'ajouter à ces aveux, et que pourrions-nous dire de plus fort pour montrer l'impuissance où est la raison de conduire les hommes à la connoissance certaine de la vraie Religion et de la véritable Église? Et qu'on ne s'étonne pas d'entendre la Réforme, parler ainsi. Les novateurs, en se séparant de l'Église catholique, devoient nécessairement nier toute autorité spirituelle, et, par une conséquence immédiate, fonder leur foi sur la discussion, ou soumettre la loi divine au jugement de chaque individu. Aussitôt les opinions se multipliant à l'infini, et les plus doctes ne pouvant convenir entre eux d'aucun symbole, il devenoit évident qu'au milieu de tant de disputes et de ténèbres, le peuple, incapable d'examiner, l'étoit également dejuger, ou, en d'autres termes, que la Religion étoit inaccessible au peuple : terrible mais inévitable conséquence du système des déistes et des protestants.

Il résulte de ce qui précède, que la raison individuelle, abandonnée à elle-même , va nécessairement s'éteindre dans le scepticisme absolu; que les plus forts esprits ont, dans tous les siècles, unanimement reconnu son impuis

« sujet est trop abstrait ou trop difficile pour le commun des hommes. « Ceux qui disputèrent avec véhémence sur de pareilles questions, « doivent avoir été influencés par quelque motif d'intérêt personnel, a ennemis du Christianisme, ou étrangers à son esprit. La discussion « de pareils sujets étoit plus propre aux diables qu'à des prédicateurs « de la paix. » Bien/kits de la Religion chrétienne, tom. II, ch. vi, p. 196, 197. Jamais, peut-être, rien d'aussi étonnant que ces paroles n'a été écrit par un chrétien depuis l'origine du christianisme. C'est être étranger à son esprit, et même son ennemi, que de s'occuper des principaux mystères dela foi. Ou ils ont peu d'importance, ou, en tout cas, les hommes ne doivent pas s'en inquiéter, parce qu'ils sont trop abstraits pour le commun d'entre eux. C'est aux diables qu'appartient la discussion de pareils sujets; c'est à eux de décider ce qu'on doit croire sur la satisfaction du Sauveur, sur la grâce et la Trinité. Obslupescile cœli super hoc!

sance, et l'impossibilité d'arriver par elle à aucune certitude sur les ôbjets qui nous intéressent le plus; que ceux même qui soumettent la Religion à son jugement avouent qu'elle n'est propre qu'à créer des doutes, comme le démontre d'ailleurs l'expérience universelle, et confessent en outre que le peuple est incapable de juger; d'où il suit que la voie de raisonnement, d'examen ou de discussion, absurde, impossible, ridicule, selon Jurieu et selon Rousseau lui-même, qui fait en d'autres termes le même aveu, n'est pas le moyen général offert aux hommes pour discerner avec certitude la vraie Religion.

Nous ne craignons pas de le dire, on ne répondra point aux preuves sur lesquelles nous avons établi cette vérité. Mais on les contesteroit toutes, que la question seroit encore péremptoirement décidée parle témoignage du genre humain. Quel peuple pensa jamais que la Religion fût soumise au jugement de chaque homme? qu'on pût légitimement mettre en doute ses dogmes et ses préceptes? Citez une Religion qui ne repose pas, dans l'opinion de ses sectateurs, sur une révélation divine, et par conséquent sur une autorité à laquelle la raison humaine doit se soumettre; une religion où l'on ne dise pas je crois avant d'avoir conçu, avant d'avoir examiné; une Religion qui se propage et se conserve par d'autres moyens qu'un enseignement positif lequel détermine les croyances du peuple? Cet enseignement existe dans les sectes les plus indépendantes, sans quoi elles n'auroient pu se former; il y existe tant qu'elles durent ; et quand le principe contraire vient à prédominer, toute Religion cesse, comme on le voit aujourd'hui parmi les protestants.

Accuserez-vous d'erreurs toutes les nations et tous les

1 Le culte des dieux, dit Sénèquc, est réglé par des lois : Qvomodo siut d'à coleiuli, solet prxcipi. Ep. 93.

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