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lui. Mais où a-t-il pris que l'Église catholique se soit constamment efforcée de tenir les peuples dans une ignorance profonde? elle à qui nous devons la conservation des sciences et des lettres en Europe; elle qui, pendant plusieurs siècles, s'occupant seule d'encourager les études, faisoit aux premiers pasteurs un devoir d'établir partout des écoles*. En vérité, M.Vincent compte beaucoup sur l'ingénuité des siens, de leur parler de l'ignorance de l'Italie sous Léon X et île la France sous Louis XIV.

Ce qu'il appelle la voie de contrainte est tout simplement la persécution. Il a la charité de laire entendre que nous l'appelons de tous nos vœux. Nous avons déjà répondu à celte odieuse calomnie, et nous plaignons le ministre d'être réduit à employer de pareilles armes. « Tous ceux, dit-il, qui ont eu la « manie de l'unité dans la foi, après avoir épuisé les « ressources de l'enseignement et celles de l'igno« rance, ont senti que sans la contrainte tous leurs « efforts étoient vains ; et ils ont eu recours à la con« trainte. Les païens l'ont d'abord employée contre • « les chrétiens, et ont répandu, dans des supplices « atroces, le sang le plus innocent et le plus pur qui « eût encore honoré la terre 1. »

* Afin qu'on puisse comparer ce que faisoit sur ce point l'Église catholique, dans les temps qu'on appelle d'ignorance, avec ce que font dans le siècle des lumières la politique et la philosophie, nous citerons textuellement ùno disposition du troisième concile de Latran : « Pour o que les enfants pauvres qui ne peuvent être aidés par leurs parents, « ne soient pas privés des moyens d'apprendre à lire et de suivre « leurs études, qu'il soit assigné, dans chaque Aglise cathédrale, au « .maître qui enseigne les clercs de cette église et les pauvres éco1 Observations, etc., p. 33.

Il est triste pour la Réforme que le premier qui ait eu la manie de l'unité dans la foi, le dirai-je après de telles paroles ? soit Jésus-Christ, et le second saint Paul. Mais, comme apparemment ils ne sont pas de ceux qui, pour l'établir, ont répandu, dans des supplices atroces, le sang le plus innocent et le plus pur, à moins que ce sang ne soit le leur, il faut qu'ils aient jugé qu'outre la voie d'enseignement, la voie d'ignorance et la voie de contrainte, toutes trois insuffisantes, il en existoit une autre pour arriver au but qu'ils se proposoient: Que le ministre ouvre l'Écriture, il y trouvera cette voie indiquée presque à chaque page; il y verra que Jésus-Christ enseignoit le peuple, non comme les scribes et les docteurs de la loi, mais comme ayant autorité, sicut potestatem habens.

Le ministre sait que nous pourrions citer beaucoup

« liers un bénéfice convenable, de sorte que sa subsistance soit assu(( rée, et la voie de la doctrine ouverte à ses disciples. Que la permis« sion d'enseigner soit accordée gratuitement; que, sous aucun prétexte, < on n’exige rien de ceux qui enseignent; et qu'on n'empêche personne << d'enseigner, pourvu qu'il en soit capable, et qu'il en ait demandé a l'autorisation. Ne pauperibus qui parentum opibus jurdvi non posi sunt, legendi et proficiendi opportunitas subtrahatur, per unam« quamque ecclesiam cathedralem magistro, qui clericos ejusdem ec<< clesiæ, et scholares pauperes doceat, competens aliquod beneficium « assignetur, quo docentis necessitas sublevetur, et discentibus via pa« teat ad doctrinam. Pro licentiâ vero docendi nullus pretium exi« gat; vel sub obtentu alicujus consuetudinis, ab iis qui docent ali« quid quærat; nec docere quempiam, petità licentia, qui sit idoneus; « interdicat. » Concil. Lateran., cap: 18, an. 1176. Vide et Concil. Vasens. 3, can. 1, an. 529. - Narbon., can. 11, an. 589.-Cloveshoh., 2, can. 7, an. 747. — Aguisgran., lib. 1, c. 135, an. 816. - Trident., sess. V, de Ref., c. 1.

* Matt., vii, 29.

de passages semblables; il les connoît, cela nous suffit. Mais pourquoi ne dit-il rien de cette grande voie de l'autorité si clairement marquée dans l'Écriture et dont l'Église catholique n'est jamais sortie? Est-ce oubli de sa part? Comment le croire? Est-ce que, se sentant trop foible pour combattre cette puissante autorité, il n'a pas voulu même en prononcer le nom? Ce seroit au moins une preuve de . sens. Quoiqu'il feigne sans cesse de confondre les opinions avec les dogmes, il ne peut ignorer' que la foi des catholiques est une; qu'ainsi l'unité de la foi, loin d'être une chimère, est un fait perpétuel aussi éclatant que la lumière du jour; et qu'enfin cette unité se maintient parmi nous à l'aide de l'autorité de l'Église que nous croyons infaillible, selon les promesses du Fils de Dieu, et aux décisions de laquelle nous nous soumettons, d'esprit et de cœur, avec une pleine obéissance.

Le ministre est tellement prévenu des idées de la réforme, qu'il ne peut plus concevoir la Religion chrétienne sous la notion de société. Ne comprenant ni le pouvoir spirituel qui commande la foi, ni la foi elle-même, qui est l'obéissance à ce pouvoir, il ne voit dans les dogmes que des opinions, et dans le christianisme tout entier qu'une science. Ses parole? sont trop remarquables pour ne pas les citer. « Les « recherches dans la nature, dans l'Ecriture sainte, « dans l'histoire de l'Église, sont et demeurent, non« seulement permises, mais nécessaires; et, si les « recherches sont permises, il est permis, il est juste, « il est nécessaire d'en admettre les résultats prou« vés. Les sciences théologiques ne peuvent plus « demeurer stationnaires; elles doivent marcher « comme les autres sciences, et tendre sans cesse à « une plus grande consistance, à une plus grande « pureté1. »

Ainsi, toujours se purifiant, les croyances n'auront rien de stable, elles varieront, comme les devoirs, d'année en année, de jour en jour ; et la loi immuable de Dieu, assujettie à la raison de l'homme, deviendra aussi inconstante que ses pensées et que ses désirs. Encore une fois, nous remercions M. Vincent de ses aveux.

Inutilement il essaie d'y mettre quelque restriction. « La théologie en elle-même n'en est pas moins inva« riable, dit-il.... L'Évangile n'en est pas moins la « parole de Dieu, qui ne change point, mais il est « ramené plus près de sa pureté native ; il est mieux « entendu, mieux interprété, à mesure que les res« sources de la critique se multiplient, et que les >< laits s'accumulent pour l'éclairer et la diriger* ». Sans doute que l'Évangile est toujours l'Évangile, il ne change point matériellement; mais est-ce livre matériel qui est la Religion, ou la doctrine qu'il renferme? et comment, la doctrine variant sans cesse, la Religion sera-t-elle invariable?

Mais, en variant, du moins elle se perfectionnera, dit M. Vincent. Nous ignorions que l'homme pût perfectionner la loi de Dieu. Mais voyons de quelle manière les protestants l'ont perfectionnée, à l'aide de

1 Observations, etc., p. 82.

- Observations, etc.. p. 82 et 83.

l'interprétation particulière. C'est un ministre anglican qui va parler.

« En. assurant que VEcriture sainte contient tout ce a qui est nécessaire au salut, de sorte qu'on ne sauroil « exiger d'aucun homme de croire comme un article de « foi tout ce qu'on ne lit pas dans l'Écriture, et tout « ce qu'on ne peut prouver par elle ( sixième article « de l'Église anglicane), les premiers réformateurs « ne s'aperçurent point que le temps viendrait où « chaque individu, la Bible à la main, se croirait au« torisé à former sa propre foi, et à rejeter tout ce « qui, dans la doctrine admise par ses ancêtres, ne « s'accorderait pas avec ses idées: mais maintenant « cette folie, cet orgueil, ce je ne sais quoi de pire « que la folie et que l'orgueil unis, a fait des progrès « si alarmants, que chacun s'imagine être pleine « ment libre de se former ou de choisir la foi qu'il « lui plaît, et de nier toute doctrine, quoique claire« ment révélée, quand il ne la peut comprendre. « Ainsi, grâce à une raison profane que ne contien« nent ni les enseignements d'une révélation divine, « ni l'antique croyancej les principaux articles de la « foi chrétienne sont niés par ceux qui se disent les « disciples de l'humble Jésus, llest extrêmement à det< sirer que le grand corps des protestants sorte enfin « de sa léthargie et revienne à la véritable foi, à « l'égard de laquelle un grand nombre sont tombés, « par des degrés insensibles, dans une indifférence « et dans une insensibilité brutale, plus à craindre « que l'infidélité même1. »

1 It was not contemplated by the early Reformers, who, disgusteil

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