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Les plus sages d'entre les protestants ne connoissent, non plus que nous, d'autre moyen d'éviter cet écueil terrible que l'obéissance à l'autorité, c'est-àdire l'abandon du principe fondamental de la Réforme. Qu'on écoute quelques-uns de ces hommes que la droiture de leur esprit rapproche de la vérité, dont les éloignent des préjugés de naissance et d'éducation.

« Nous sommes très-certains que la nature, l'Écri« ture et l'expérience même ont enseigné aux hommes « à chercher la fin des contentions dans la soumis« sion à une sentence juridique et décisive, à laquelle « aucune des parties ne puisse, sous aucun prétexte, « refuser de s'en tenir. Ce moyen doit avoir nécessaî

with the multifarious errors of boasted tradition, asserted, that, « Holy « scriplure containeth all things necessary to salvation; so that whate« ver is not read therein, nor may be proved thereby, is not to be re« quired of any man lhat it should be believed as an article of the « Faith; » (Sixth article of the Church of England.) that the time would arrive, when every individual, with the Bible in his hands, would consider himself qualilied and justified to form its own faith, and to reject all that had been concluded on in the piety and learning of his ancestors, wich did not accord with his own notions; but now this folly this pride, this worse than folly and pride united, has prevailed to the alarming extent, that each person considers himself at full liberty to form or to choose wathever faith he pleases, and to deny doctrines, however plainly revealed, which are above his comprehension. Thus, in the profaneness of reason, unchaslised by the admonition and teaching of divine revelation and ancient persuasion, the prominent articles of christian faith are denied by those who call themselves the disciples of the meek and humble Jesus. — It is now most desirable that the great body of protestants should arouse from their lethargy to the true faith, in which many, by insensible degrees, have sunk into an indifference, and an unmanly insincerity, more probably to be dreaded than even infidelity. Reflections concerning the expediency of a council, etc., hy Samuel Wix., p. 80, 82.

« rement beaucoup de force, el il est rare que tous « les autres aient, sans celui-là, quelque succès. »

«Refuser d'admettre un point quelconque de la doc« trine professée ab omnibus, ubique, semper, en tous « lieux, en tout temps, par tous les pasteurs et par « tous les chrétiens exempts d'hérésie et de singu« larité, seroit une folie et une extravagance extrê« mes. »

Voilà la règle catholique, et l'on est obligé d'y revenir toutes les fois qu'on veut mettre un terme au désordre des esprits et à la division des croyances.

« Quand je regarde les sectaires, dit un autre mi« nistre, je n'aperçois parmi eux rien de fixe; tout « flotte au hasard. Quand je regarde l'Eglise, je dé« couvre un port assuré, où je puis jeter l'ancre et « demeurer ferme à l'abri des tempêtes. Considérez « le moyen que Notre-Seigneur employoit pour tou« cher les Juifs, lorsqu'il leur révéloit les choses qui « concernent le royaume du ciel : sa parole étoit « pleine de puissance, et en cela rien d'étonnant, car « il enseignoit comme ayant autorité, et non comme

1 of this we are right sure that nature, Scripture, and experience itself have taught the world to seek for the ending of contentions by submitting to some judicial and definite sentence, whereunto neither parties that conteudeth may, under any pretence or colour, refuse to stand. This must needs be effectual and strong. As for other means without this, they seldom prevail. Hooker's Eccles. Polit. Pref., art. 6.

2 To resist against any thing delivred ab omnibus, ubique, semper, in all places, at all times, by all christian pastors and people, not noted for heresy and singularity, were extreme folly and madness.. D' field's Church, p. 887.

« les scribes. II ne disoit point, il peut être, ainsi, ou, « il semble qu'il soit ainsi ; mais, il est ainsi. Je trouve « donc certitude et sûreté en me soumettant à l'auto« rité de l'Eglise, et il m'est évident que je ne puis « errer, lorsque j'ai l'Écriture pour guide et l'Eglise « pour commentateur1. »

M. Vincent doit maintenant comprendre en quoi consiste la voie d'autorité que les catholiques défendent; voie pacifique et aussi éloignée de ce qu'il nomme la voie de contrainte * qu'un jugement doctrinal l'est d'une sentence de mort. En un mot, le pouvoir propre de l'Église ne s'étend que sur les esprits, et c'est l'obéissance de l'esprit qu'elle exige en tout ce qui concerne la foi, ou la doctrine dont Dieu l'a chargée de conserver le dépôt. Celte autorité sainte est le lien de l'unité, comme le lien de la paix. Mais elle n'appartient qu'à l'Église mère, à la véritable Église; élle seule aussi l'exerce, elle seule la réclame.

1 When I look, at the sectaries, I perceive every thing afloal, and nothing iîxed; when I look at lhe Church, I perceive a secure harbour wherein I can fix.lhe anehor of my soul, both sure and stcadfast. Observe the way in which our lord affected the Jews, when he opened to thena the things concerning (he Kingdom of Heaven; bis word was with power; and no wonder, « for he taught them as one that had « authority; and nbt as the scribes; » not saying, so il may be, or, so it seems to be, but, so it is. I feel, therefore, certainty and safety whilst I bow to the authority of the Church, and I am satisfied that I cannot materially err, whilst I bave Scripture for my guide, and the Church for my commentator. Rabson's \5th Sermon, vol. II.

En vertu de l'autorité même qu'elle exerce sur les esprits, l'Égli.e a le droit de commander et de défendre certaines actions; elle possède essentiellement une jurisdiction extérieure, sans quoi il seroit impossible qu'elle existât. Rien de si évident; mais on n'est pas aujourd hui pour cela dispensé d'en avertir.

Toutes les sectes qui, depuis trois cents ans, se sont séparées d'elle, se déclarent dépourvues d'autorité; et voilà pourquoi ceux des protestants qui sentent le besoin de cette ancre pour retenir les esprits emportés par les flots des opinions, cherchent en vain à la fixer au sein de cette mer sans fond comme sans rivages. Après avoir proclamé l'indépendance de la raison, à quel titre viendroit-on lui ordonner d'obéir? Le principe posé, l'on ne peut plus en arrêter les conséquences; il faut tout permettre, tout consacrer; il faut enfin avouer hautement avec un évêque anglican, que « le protestantisme consiste à croire ce qu'on « veut, et à professer ce qu'on croit1. » Et si cette définition, qui suppose une croyance quelconque, ne paroît pas encore assurer une liberté suffisante à la raison, M. Vincent en retranchera ce qui implique la nécessité de la foi, et dira que la religion est « une « affaire de cœur entre Dieu et sa créature, par le « moyen de l'Évangiles. » Alors les plus difficiles devront être contents. *

Au reste, en montrant l'inconséquence et les dangers de la Réforme, notre dessein n'est pas, à Dieu ne plaise, de contrister nos frères séparés. Né comme

1 Protestantism consists in believing wllat each one plcases, and in professing whal he believes. Bishop Watson's charge to his clergy; cité par M. Milner dans son ouvrage intitule : The end of religious controversy, etc., part. III, p. 125. Il s'ensuit que le protestantisme n'est que la religion naturelle telle que la conçoivent les Déistes modernes. « La loi naturelle, dit Voltaire, permet à chacun de croire ce < qu'il veut, comme de se nourrir de ce qu'il veut. » Diet. philos., art. Catéchisme chinois.

1 Observations, etc., préf., |). C.

eux au sein de l'erreur, il n'est que trop vraisemblable que nous partagerions leurs préventions contre la vérité. Le seul sentiment que nous éprouvions en combattant, non pas eux, mais les faux principes qui les abusent, est une douleur profonde de les voir s'égarer loin des voies du salut, et un désir ardent que le jour luise enfin où nous nous embrasserons dans le sein de notre mère commune, de l'Épouse sans tache du Sauveur, de l'Église dépositaire des promesses, et de toutes les espérances des chrétiens: Ut fiai tmutn ovile etunus pastor l.

Après avoir répondu aux objections qu'on a faites contre la première partie de l'Essai sur l'indiffcretice, il nous reste à parler de la seconde. Nous espérions la faire paraître peu de temps après la première: d'autres travaux nous en ont empêché. Nous nous sommes aperçu, d'ailleurs, qu'au lieu d'un volume, cette seconde partie en exigeoit deux, ce qui nous à décidé à donner à part le volume que nous publions, et qui pourrait, à la rigueur, terminer l'ouvrage, puisque, pour remplir nos engagements, il suffisoit de prouver que l'indifférence en matière de Religion est aussi absurde dans ses principes que funeste dans ses effets *.

En réfutant les trois systèmes généraux d'indifférence religieuse, nous avons fait voir qu'elle détruit toute vérité, tout ordre, toute vertu, toute société, et qu'elle est, par conséquent, funeste dans ses effets, (le que nous ajouterons sur ce sujet, dans notre troi

1 Joan. x, 16.

2 Introduction, p. 41, 4«édit.

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