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blée de noipires, et sur leur avis, qu'il n'avait jamais prêté an pape de juramentum (idelitatis. 11 avait incontestablement raison s'il entendait dire par là qu'il n'avait point contracté, ainsi •pie Robert de Naples, une obligation de vassalité vis-à-vis du saint-siége. Si donc il avait été, en effet, dans la pensée de Clément V d'assimiler ces deux souverains, comme étant placés tous deux sous la suzeraineté du chef de l'Église, il ne serait certainement pas possible de l'excuser ici d'une prétention si évidemment usurpatrice! Mais on ne peut guère prêter au pape une pareille intention (1), et sa démarche s'explique très-bien d'ailleurs en donnant aux serments d'Henri et à ceux de Robert le sens qui convient aux uns et aux autres. Robert était le vassal du saintsiége; comme tel, il avait réellement prêté le serment d'hommage; aussi Clément V le désigue-t-il comme homo ligius du pontife romain (2). Henri, quoi qu'il en pût dire (3), ne pouvait nier avoir prêté, à l'exemple de tousses prédécesseurs, un juramentum fidelitatis, en vertu duquel il avait promis au pape de lui être fidèle en toutes choses, et s'était engagé spécialement à le proléger dans sa personne et dans son autorité. Mais il y avait encore une autre clause dans ce serment, c'était la promesse de ne point prendre les armes contre les vassaux de l'Église romaine (4); cette clause emportait de soi le droit du pape d'en exiger l'accomplissement par tous les moyens. ., i

Sans avoir égard néanmoins à la défense du chef de l'Église, l'empereur poursuivit ses préparatifs de guerre, et resta ligué avec Frédéric, roi de Sicile, contre le roi de Naples. A l'instigation de Philippe le Rel, Clément V défendit une seconde fois, et

(1) Le pape qualifiait bien ces deux princes de defensores Ecclesix; mais ce n'était pas aux mêmes titres.

(2) Cap. Pasloralis, 2, do Sent, et re judic. § Rursus, in Clem. (II, 11).

(3) Cap. Romani principes, § Dictis. — Simulans se immemorem juramcntoium, quœ noliis anle coronationem suam prœsliterat et post coionaliontm eliam innovaveral. — § Yerum.

(4) § Sub eodem. Raynald., ann. 1274, n. 9, p. 220. Idem quod rcx Rodolphus per se vel per alium non ofïendet vasallos Ealesise, et specialiter magnificum principem dominum Carolum, regem Siciliae illustrent, seu lieredes ipsius. , , i . ,-''.[

sous peine d'excommunication, toute hostilité contre les États de Robert (i). Cette mesure transporta Henri de fureur, et lui inspira l'étrange idée d'intenter un procès à son adversaire 2). Il fit citer par trois fois à sa barre le roi de Naples, se fondant, pour justifiercet acte incroyable, sur la qualité de vassal qui afférait à Robert vis-à-vis de lui, à raison de quelques possessions de ce prince dans le Piémont (3). Toutefois, pour donner encore à ce procédé irrégulier une apparence de légalité, il s'appuyait aussi sur les prérogatives exceptionnelles de la majesté impériale dont il était revêtu.

Pour ce qui est du premier point , il pouvait à la rigueur servir de fondement légal à une action judiciaire; mais, Robert ayant son domicile à Naples et étant, par ce fait, vassal du pape, celui-ci était, par la même raison, son juge régulier, et l'empereur ne pouvait, sans son agrément, contraindre Robert à quitter son royaume (4); encore moins pouvait-il exiger de lui qu'il vînt seul et sans armes se livrer à son ennemi, alors campé à Pise et entouré d'une puissante armée. « On est en droit, comme disait i Clément V, de craindre un pareil danger; l'ancienne coutume « permet de l'éviter, !a raison humaine le fuit, la nature s'en ef• fraye (5). R Quant à la considération basée sur les prérogatives de la puissance impériale, Henri puisait, dans l'idée fantastique qu'il avait conçue de la dignité d'empereur, un droit de juridiction suprême qui certainement n'allait pas aussi loin qu'il le prétendait (6). Cependant, s'engageant toujours plus avant dans celte voie, l'empereur publia ses fameuses constitutions: Quomodo in Ixsx majestatis crimine procedatur, et qui sint rebelles, insérées dans les dernières feuilles du Corpus juris civilis (7), et condamna le roi de Naples (8), comme rebelle, traître, ennemi

[i) Bœhmer, loc. cit., p. 545 (n. 540).
(î) Pertz, loc. cit., p. 544 sqq.
(3) Cap. Pastorali», cit. %Deniqué.'
[i] % Not quoque.

[5) | Numquid eliam. •> • 1 . •>' '■■ ■

(6) Barthold, loc. cit., vol. H, p. 218.

;T) Extravagantes, quas nonnulli XI. Collation«m appellant.
S] BarlAofd, loc. cit., vol. II, S. 381.

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