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A PARIS

CHEZ LEDOUX ET TENRÉ, LIBRAIRES,

RUE PIERRE-SARRAZIN, N. &.

M. DCCC. XVIII.

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PRÉFACE.

APRÈS avoir achevé l'ouvrage entrepris par M. Rollin, et conduit l'Histoire romaine jusqu'à la bataille d'Actium, je ne crois pas pouvoir faire un meilleur usage du loisir auquel me réduit une santé affoiblie par le travail de l'enseignement public que de traiter, dans le goût dont mon cher et respectable maître m'a tracé le modèle, l'Histoire des Empereurs, qui est la suite naturelle de celle que je viens de finir. Mon inclination m'y porte; les exhortations de plusieurs personnes illustres m'y encouragent; et je cède d'autant plus volontiers à cette double impression, que je ne vois plus d'autre voie qui me reste d'être utile à la société.

Si je me flatté à tort de rendre service au public par le présent que je lui offre, c'est la faute de l'ouvrier, et non celle de la matière, qui, par elle-même, est féconde en leçons salutaires pour les hommes de tout ordre et de toute condition. Tel est le mérite et le prix de l'histoire, au jugement de tout le monde : et c'est de quoi Plutarque étoit si persuadé, qu'il en regardoit la connoissance et l'étude presque comme la plus digne occupation d'un esprit philosophe. Plein de la pensée que l'histoire est la plus excellente école où l'on puisse former son jugement et ses mœurs, il avance que, tourner vers d'autres objets la faculté que nous avons d'apercevoir et de connoître, c'est

en abuser, c'est la dégrader et l'avilir: et il applique à ce sujet un mot remarquable de César.

S

Des étrangers caressoient affectueusement en présence de César de petits chiens et de petits singes. Il leur demanda si, dans leur pays, les femmes ne donnoient point d'enfans: voulant leur faire comprendre qu'ils avoient tort de dépenser pour des bêtes ce fonds d'amitié et de tendresse dont la nature a rendu nos cœurs susceptibles, et qui est dû à nos semblables. Plutarque, étendant cette idée, condamne pareillement ceux qui dirigent la passion naturelle que nous avons pour apprendre et pour nous instruire vers des choses vaines, et non vers des objets utiles et ces objets solidement utiles, selon lui ce sont les actions de vertu, qui, en même temps qu'elles nous charment par leur éclat, ont un attrait qui nous porte à les imiter.

Ce zèle d'imitation est l'effet propre de la vertu. En toute autre matière, souvent on admire l'art sans être curieux de ressembler à l'artiste. Jamais, dit Plutarque, un jeune homme né avec une belle âme, en voyant le Jupiter de Phidias, ou en lisant les odes d'Anacréon, n'a souhaité de devenir le rival du sculpteur ou du poëte. Mais quand il s'agit de la vertu, un cœur généreux ne s'en tient pas à l'admiration stérile de l'action; il est enflammé du désir d'en faire de semblables.

* Αρ ̓ ὧν ἐπεὶ φιλομαθές τι κέκτηται και φιλοθέαμον ἡμῶν ή ψυχή φυσῖν, λόγον έχει ψέγειν, τὰς καλαχρωμένες τέτο προς τὰ μηδεμιᾶς αξια σπαθῆς ἀκώσμαζα, και θεά

μαζα, τῶν ἢ καλῶν ὲ ὠφελίμων παραμελώντας... ταῦτα ἢ ἐειν & τοῖς ἀπ ̓ ἀρετῆς ἔργοις, ἅ καὶ ζῆλόν τινα καὶ προθυμίαν ἀγαγὸν ἐις μία μητιν ἐμποιει τοῖς ἰσορήμασι. Plut.

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