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romancier la solide érudition de l'antiquaire et de I'helléniste : tout le monde sait que M. A. Maquet est le collaborateur inépuisable du plus charmant conteur de notre époque, M. Alex. Dumas.

Mais c'est à M. Ambroise-Firmin Didot que je dois la plus vive reconnaissance. L'honorable traducteur de Thucydide m'a continuellement secondé, dans mon travail, avec une obligeance infatigable et charmante. Il y a tel passage et tel vers, dans ma traduction de Juvénal, que M. Didot pourrait en quelque sorte réclamer comme siens. Le texte offrait-il un sens douteux, mal êclairci parles commentateurs? fallait-il rendre suffisammentintelligible une coutume ancienne, un détail de moeurs qui aurait eu besoin de longues notes explicatives?j'interrogeais sans facom mon savant éditeur, qui me tirait toujours d'embarras. Enfin, si ma traduction est la plus fidèle, la plus scrupuleusement exacte de toutes les traductions en vers de Juvénal faites jusqu'à ce jour, c'est encore à M. Didot que j'en suis redevable : gráce à lui, je n'ai omis aucun détail, aucun trait du tableau ; je n'ai laissé dans l'ombre rien de significatifou d'important.

C'est une consolation, c'est un bonheur, dans notre siècle de prosaisme et d'insouciance, qu'il se rencontre encore, de temps à autre, quelques hommes d'intelligence et de cœur assez dévoués à la littérature pour lui consacrer tout ensemble et leurs travaux et leur fortune. M. Ambroise-Firmin Didot est un de ces hommes généreux : fidèle aux traditions de ses illustres prédécesseurs, les Robert et Henri Estienne, il élève à grands frais un monument durable et magnifique, où l'Antiquité grecque revit tout entière, grâce aux admirables traductions latines dont il pourrait dire, comme le héros de Virgile :

Harum pars magna fui.

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TRADUCTIONS EN VERS

DE JUVENAL ET DE PERSE.

Quatre Satires de Juvenal, translatées du latin en vers frangois, par
Michel d'Amboyse; Paris, J. Longis, 1544, in-8".
Les Satires de Juvenal, eu vers francois, avec um discours de la satire,
par Denys Challine, advocat; Paris, Edme Pepingué, 1653, in-12.
Les Satires de Juvenal, en vers burlesques, par Colletet; 1657, in-12.
Les Satires de Juvenal, en vers frangois, traduites par le président Ni-
cole; Paris, 1669, in-8°.
Les Satires I, II, XV, de Juvénal, traduites en vers frangais par
M. Taillade d'Hervilliers, et précédées d'une traduction en vers des Satires
de Perse; chez Nyon, à Paris, 1776, in-8°.
Les Satires de Juvénal et de Perse, traduites en vers par Dubois-La-
molignière; 1800, in-8".
Les IV* et Satires de Juvenal, traduites en vers frangais par A. de
la Ch.***; in-8°; Paris, Firmim Didot, 181 1.
Satires de Juvenal, traduites en vers frangais par L.-W. Raoul; Meaux,
181 1.
Satires de Juvenal, traduites en vers français par M. le baron Méchin;
P. Didot, Paris, 1817, in-8°.
Les VII°, X° et XIV* Satires de Juvenal, traduites en vers francais par
U.-E. Bouzique; Paris, 1825, in-8°.
Satires de Juvenal, traduites en vers frangais par V. Favre de Narbonne;
Paris, 1825, 3 vol. in-8°.
(La satire des Voeuae et l'épisode de Messaline, dans la VI* satire, ont
aussi été traduits en vers par Thomas.)
Les traductions en vers des Satires de Perse me sont guère moins nom-
breuses. La plus ancienne est d'Abel Foulon; Paris, 1444, in-8°. Celle de
Lenoble date de 1704. Enfin, après une foule d'essais plus ou moins infor-
mes, arrive la traduction de M. Raoul, en 1812. Les deux plus recentes, et,
sans aucume comparaison, les meilleures, sont dues, l'une à M. Thery (1827,
in-12); I'autre a M. Auguste Desportes (Hachette, 1841, in-8").
Le texte que mons avons adopté pour Juvénal est, a quelques variantes
près, le même que dans l'édition de G.-Alex. Ruperti, publiee à Leipsig en
1801. Nous avons toutefois profité des modifications introduites par le sa-
vant Achaintre. Pour le tevte des Satires de Perse, c'est la collection Le-
maire et l'excellente édition d'Achaintre (Firmim Didot, 1812), qui nous ont
principalement servi.

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SATIRES

JUVENAL.

SATIRA I.

CUR SATIR AS SCRIBAT .

SEMPER ego auditor tantum ? nunquamne reponam Vexatus toties rauci Theseide Codri ? Impune ergo mihi recitaverit ille togatas, Hic elegos ? Impune diem consumpserit ingens s Telephus, aut summi plena jam margine libri

Scriptus, et in tergo, necdum finitus, Orestes?

Nota magis nulli domus est sua, quam mihi lucus Martis, et AEoliis vicinum rupibus antrum Vulcani. Quid agant venti, quas torqueat umbras 10 MEacus, unde alius furtivae devehat aurum Pelliculae, quantas jaculetur Monychus ornos,

Frontonis platani convulsaque marmora clamant

,

SATIRE I.
PoURQUOI JUVÉNAL ÉCRIT DEs sATIRFs.

QUoI ! toujours écouter sans répondre une fois,
Quand de sa Théséide et de sa rauque voix
Codrus partout m'écrase ? Épopée, élégie,
M'auront impunément frappé de léthargie ?
Quoi donc ! il m'aura pris un jour impunément
Cet énorme Télèphe, ou l'Oreste assommant,
Qui, sans être fini, déjà couvre et surcharge

Un livre tout entier, page, revers et marge ?

On ne connaît pas mieux ses lares, sa maison,
Que moi les rocs d'Éole, orageuse prison,
Et l'antre de Vulcain, et ta forêt sacrée,
O Mars ! « Le vent qui gronde, et la toison dorée,
« Et les ombres des morts que torture Éacus,
« Et les ormes géants lancés par Monychus : »
Aux jardins de Fronton ces phrases toujours sonnent :
Et le platane tremble, et les marbres frissonnent,

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