Obrázky na stránke
PDF
ePub

qu'elle cût obtenu la paix pour sa faute reconnue « mal au pas tardif, comme un jour qui meurt et déplorée, excita la commisération dans Adam. « longuement afin d'augmenter notre misère; Bientôt son cæur s'attendrit pour elle naguère sa « misère trausmise à notre race: 0 race infortuvie et son seul délice, maintenant soumise à ses a née ! » pieds dans la détresse; créature si belle, cher- Eve reprenant ceur, répliqua: chant la réconciliation, le conseil et le secours de « Adam, je sais par une triste expérience le celui à qui elle avoit déplu. Tel qu'un homme dé- « peu de poids que peuvent avoir auprès de toi sarmé, Adam perd toute sa colère; il relève son « mes paroles trouvées si pleines d'erreur, et de épouse , et bientôt avec ces paroles pacifiques : « là, par un juste événement, trouvées si fatales;

« Imprudente, trop désireuse (à présent « néanmoins, tout indigne que je suis, puisque « comme auparavant) de ce que tu ne connois « tu m'accueilles de nouveau et me rends ma « pas, tu souhaites que le châtiment entier place, pleine d'espoir de regagner ton amour « tombe sur toi ! hélas ! souffre d'abord ta pro- « (seul contentement de mon cæur, soit que je « pre peine, incapable tu serois de supporter « meure ou que je vive), je ne te cacherai pas les « la colère entière de Dieu, dont tu ne sens en- pensées qui se sont élevées dans mon sein in« core que la moindre partie, toi qui supportes quiet : elles terdent à soulager nos maux ou à « si mal mon déplaisir ! Si les prières pouvoient « les finir : quoiqu'elles soient poignantes et trisa changer les décrets du Très-Haut, je me hâte. tes, toutefois elles sont tolérables , comparées « rois de me rendre, avant toi, à cette place de a à nos souffrances, et d'un choix plus aisé. a notre jugement; je me ferois entendre avec Si l'inquiétude touchant notre postérité est

plus de force afin que ma tête fût seule visitée « ce qui nous tourmente le plus; si cette postérite « de Dieu, qu'il pardonnåt ta fragilité, ton sexe « doit être née pour un malheur certain , et finaplus infirme à moi confié, par moi exposé. « lement dévorée par la Mort; il seroit misérable

« Mais lève-toi; ne disputons plus, ne nous d'être la cause de la misère des autres, de nos « blåmons plus mutuellement, nous assez blå- a propres fils; misérable de faire descendre de a més ailleurs! Efforçons-nous par les soins de « nos reins dans ce monde maudit une race in« l'amour d'alléger l'un pour l'autre, en le parta- « fortunée, laquelle, après une déplorable vie, « geant, le poids du malheur, puisque ce jour de « doit être la pâture d'un monstre si impur: il est « la mort dénoncée (comme je l'entrevois, n'arri- a en ton pouvoir, du moins avant la conception, « vera pas soudain; mais il viendra comme un « de supprimer la race non bénie n'étant pas en

[ocr errors]
[ocr errors]

Commiseration : soon his heart relented
Towards her, his life so late, and sole delight,
Now at his feet submissive in distress;
Creature so fair his reconcilement seeking,
Ilis counsel, whom she had displeas'd , his aid :
As one disarm'd , his anger all he lost,
And thus with peaceful words uprais’d her soon :

« Unwary, and too desirous, as before
So now, of what thou know'st not, who desir’st
The punishment all on thyself; alas !
Bear thine own first, ill able to sustain
Ilis fall wrathi, whose thou feel'st as yet least parl,
And my displeasure bear'st so ill. If prayers
Could alter high decrees, I to that place
Would speed before thee, and be louder heard,
That on my head all might be visited;
Thy frailty and infirmer sex forgiven,
To me committed, and by me expos'd.

« But rise; let us no more contend, nor blame
Each other, blam'd enough elsewhere; but strive
In offices of love, how we may lighten
Each other's burden, in our share of woe;
Since this day's death denounc'd, is aught I see,
Will prove no sudden, but a slow-pac’d, evil;
A long day's dying, to augment our pain,

And to our seed (O hapless seed !) deriv'd. »
To whom thus Eve, recovering heart, replied :

Adam, by sad experiment I know
How little weight my words with thee can find,
Found so erroneous; thence by just erent
Found so unfortunate : nevertheless,
Restor’d by thee, vile as I am, to place
Of new acceptance, hopeful to regain
Thy love, the sole contentment of my heart,
Living or dying , from thee I will not hide
What thoughts in my unquiet breast are risen,
Tending to some relief of our extremes,
Or end; though sharp and sad, yet tolerable,
As in our evils, and of easier choice.

If care of our descent perplex us most,
Which must be born to certain woe, devour'd
By Death at last; and miserable it is,
To be to others cause of misery,
Our own begotten, and of our loins to bring
Into this cursed world a woful race,
That after wretched life must be at last
Food for so foul a monster; in thy power
It lies, yet ere conception, to prevent
The race unblest, to being yet unbegot.
Childless thou art, childless remain : 80 Death

[ocr errors]
[ocr errors]

«core engendrée. Sans enfants tu es, sans enfants « et de plus excellent que ce que ton âme dédai« demeure : ainsi la Mort sera déçue dans son « gne; mais la destruction de soi-même, par cela « insatiabilité, et ses voraces entrailles seront qu'elle est recherchée, détruit l'idée de cette « obligées de se contenter de nous deux. * excellence supposée en toi, et implique non ton

« Mais si tu penses qu'il est dur et difficile en mépris, mais ton angoisse, et ton regret de la a conversant, en regardant, en aimant, de s'abs- perte de la vie, et du plaisir trop aimé. Ou si tu a tenir des devoirs de l'amour et du doux embras- « convoites la mort comme la dernière fin de la + sement nuptial, de languir de désir sans espé. « misère, t'imaginant éviter par là la punition «rance, en présence de l'objet languissant du « prononcée, ne doute pas que Dieu n'ait trop • même désir (ce qui ne seroit pas une misère et sagement armé son ire vengeresse, pour qu'il a un tourment moindre qu'aucun de ceux que puisse être ainsi surpris. Je craindrois beaucoup • nous appréhendons ); alors, afin de nous déli- plus qu'une mort ainsi ravie ne nous exemptât « vrer à la fois pous et notre race de ce que nous a pas de la peine que notre arrêt nous condamne - craigrons pour tous les deux, coupons court. - « à payer, et que de tels actes de contumace ne a Cherchons la mort, ou si nous ne la trouvons * provoquassent plutôt le Très-Haut à faire vivre • pas, que nos mains fassent sur nous-mêmes « la mort en nous. Cherchons donc une résolution * son office. Pourquoi restons-nous plus long-« plus salutaire, que je crois apercevoir, lorsque • temps frissonnant de ces craintes qui ne présen- « je rappelle avec attention à mon esprit cette * tent d'autre terme que la mort, quand il est en partie de notre sentence : Ta race écrasera • notre pouvoir ( des divers chemins pour mourir a la tête du serpent. - Réparation pitoyable, choisissant le plus court), de détruire la des- a si cela ne devoit s'entendre, comme je le cone truction par la destruction ?....... »

« jecture, de notre grand ennemi, Satan, qui Elle finit là son discours, ou un véhément dé- a dans le serpent a pratiqué contre nous cette sespoir en brisa le reste. Ses pensées l'avoient

« fraude. Écraser sa tête seroit vengeance, en tellement nourrie de mort, qu'elles teignirent ses

« vérité, laquelle vengeance sera perdue par la jones de pâleur. Mais Adam, qui ne se laissa do- « mort amenée sur nous-mêmes, ou par des jours miner en rien par un tel conseil, s'étoit élevé, en

« écoulés sans enfants, comme tu le proposes; travaillant son esprit plus attentif, à de meilleu- « ainsi notre ennemi échapperoit à sa punition res espérances. Il répondit :

« ordonnée, et nous, au contraire, nous double· Eve, ton mépris de la vie et du plaisir sem

« rions la nôtre sur nos têtes. • ble prouver en toi quelque chose deplus sublime Qu'il ne soit donc plus question de violence Shall be deceiv'd his glut, and with us two

To argue in thee something more sublime Be forc'd to satisfy his ravenous maw.

And excellent, than what thy mind contemns; • But if thou judge it hard and difficult,

But self-destruction therefore sought refules Conversing, looking , loving, to abstain

That excellence thought in thee; and implies, From love's due rites, nuptial embraces sweet;

Not thy contempt, but anguish and regret And with desire to languish without hope,

For loss of life and pleasure overlov’d. Before the present object languishing

Or if thou covet death, as utmost end With like desire; which would be misery

Of misery, so thinking to evade And torment less than none of what we dread:

The penalty pronounc'd; doubt not but God Then, both ourselves and seed at once to free

Hath wiselier arm’d his vengeful ire, than so From what we fear for both, let us make short, - To be forestall’d; much more I fear lest death Let us seek death; - or, he not found, supply

So snatch'd, will not exempt us from the pain With our own bands his office on ourselves.

We are by doom to pay; rather, such acts Why stand we longer shivering under fears,

Of contumacy will provoke the Highest That show no end but death; and have the power,

To make death in us live : then let us seek Of many ways to die the shortest choosing,

Some safer resolution, which methinks Destruction with destruction to destroy? »

I have in view, calling to mind with heed
She ended here, or vehement despair

Part of our sentence, that thy seed shall bruise
Broke off the rest, so much of death her thoughts The serpent's head; piteous amends ! unless
Had entertain'd, as dy'd her chceks with pale.

Be meant, whom I conjecture, our grand foe,
But Adam, with such counsel nothing sway'd,

Satan, who in the serpent hath contriv'd To better hopes his more attentive mind

Against us this deceit : to crush his head Labouring had rais’d; and thus to Eve replied :

Would be revenge indeed! which will be lost « Eve, thy contempt of life and pleasure seems By death brought on ourselves, or childless days CHATEAUBRIAND. TOME V.

23

[ocr errors]
[ocr errors]

(

« contre nous-mêmes ni de stérilité volontaire dommageant la gracieuse chevelure de ces & qui nous sépareroit de toute espérance, qui de a beaux arbres qui étendent leurs rameaux. Ceci à feroit sentir en nous que rancune et orgueil, « nous ordonne de chercher quelque meilleur

qu'impatience et dépit , révolte contre Dieu et « abri, quelque chaleur meilleure pour ranimer « contre son juste joug , sur notre cou imposé. « nos membres engourdis, avant que cet astre du

Rappelle-toi avec quelle douce et gracieuse « jour laisse le froid à la nuit; cherchons com« bonté il nous écouta tous les deux, et nous ju- 1 « ment nous pouvons, avec ses rayons recueillis « gea sans colère et sans reproche. Nous atten- « et réfléchis, animer une matière sèche, où com« dions une dissolution immédiate, que nous ment, par la collision de deux corps rapidement « croyions ce jour-là exprimée par le mot mort : tournés , le frottement peut enflammer l'air : a eh bien! à toi furent seulement prédites les dou

« ainsi tout à l'heure les nuages se heurtant, ou « leurs de la grossesse et de l'enfantement, bien- " poussés par les vents , rudes dans leur choc, « tôt récompensées par la joie du fruit de tes en- « out fait partir l'éclair obliqué dont la flamme, « trailles : sur moi la malédiction ne faisant que descendue en serpentant, a embrasé l'écorce a m'effleurer a frappé la terre. Je dois gagner

« résineuse du pin et du sapin et répandu au loin « mon pain par le travail : quel mal à cela ? L'oi- « une agréable chaleur qui peut suppléer le soleil. « siveté eût été pire; mon travail me nourrira. « User de ce feu, et de ce qui d'ailleurs peut sou« Dans la crainte que le froid ou la chaleur ne lager ou guérir les maux que nos fautes ont « nous blessât, sa sollicitude, sans être implorée, " produits, c'est ce dont nous instruira notre « nous a pourvus à temps; ses mains nous ont Juge, en le priant et en implorant sa merci : « vêtus, nous, indignes, ayant pitié de nous quand « nous n'avons donc pas à craindre de passer in« il nous jugeoit! Oh! combien davantage, si « commodément cette vie, soutenus de lui par a nous le prions, son oreille s'ouvrira et son cæur « divers conforts, jusqu'à ce que nous finissions a inclinera à la pitié ! Il nous enseignera de plus « dans la poussière, notre dernier repos et notre « les moyens d'éviter l'inclémence des saisons, la « demeure natale. « pluie, la glace, la grêle, la neige, que le ciel à « Que pouvons-nous faire de mieux que de re« présent, avec une face variée, commence à « tourner au lieu où il nous a jugés, de tomber « nous montrer sur cette montagne, tandis que prosternés révérencieusement devant lui, là « Jes vents soufflent perçants et humides, en- « de confesser humblement nos fautes, d'implorer

Resolvid, as thou proposest : so our foe
Shall ’scape bis punishment ordain'd, and we
Instead shall double ours upon our heads.

« No more be mention'd then of violence
Against ourselves; and wilful barrenness,
That cuts us off from hope; and savours only
Rancour and pride, impatience and despite,
Reluctance against God and his just yoke
Laid on our necks. Remember with what mild
And gracious temper he both heard, and judgd,
Without wrath or reviling : we expected
Immediate dissolution, which we thought
Was meant by death that day; when, lo! to thee
Pains only in child-bearing were foretold,
And bringing forth; soon récompens?d with joy,
Fruit of thy womb : on me the curse aslope
Glanc'd on the ground; with labour I must earn
My bread; what harm? Idleness had been worse :
My labour will sustain me; and, lest cold
Or heat should injure us, his timely care
Hath, unbesought, provided; and his hands
Clothi'd us, unworthy, pitying while he judg’d;
How much more, if we pray him, will his ear
Be open, and his heart to pily incline,
And teach us further by what means to shun
Th’ inclement seasons, rain, ice, hail, and snow!

Which now the sky, with various face, begins
To show us in this mountain; while the winds
Blow moist and keen, shattering the graceful locks
Of these fair spreading trees, which bids us seek
Some better shroud, some better warmth to cherish
Our limbs benumb'd , ere this diurnal star
Leave cold the night, how we his gather'd beams
Reflected may with matter sere foment;
Or, by collision of two bodies, grind
The air attrite lo fire; as late tlie clouds
Justling, or push'd with winds, rude in their shook,
Tine the slant lightning; whose thwart Nanie driven dorn,
Kindles the gummy bark of fir or pine,
And sends a comfortable heat from far,
Which might supply tlie sun : such fire to use,
And what may else be remedy or cure
To evils which our own misdeeds have wrought,
He will instruct us praying, and of grace
Beseeching him; so as we need not fear
To pass commodiously this life, sustain'd
By him with many comforts, till we end
In dust, our final rest and natire home.

« What better can we do, than, to the place
Repairing where he judg’d us, prostrate fall
Before him reverent; and there confess
Humbly our faults, and pardon beg; with tears

[ocr errors]

« notre pardon, baignant la terre de larmes, rem- il discerne l'approche de Michel, va à sa rencontre: l'ange

leur annonce leur départ. Lamentations d'Ève. Adam s'explissant l'air de nos soupirs poussés par des

cuse, mais se soumet : l'ange le conduit au sommet d'une a cæurs contrits, en signe d'une douleur sincère haute colline, et lui découvre, dans une vision, ce qui & et d'une humiliation profonde? Sans doute il

arrivera jusqu'au déluge. s'apaisera , et reviendra de son déplaisir. Dans

XI. * ses regards sereins lorsqu'il sembloit être le - plus irrité et le plus sévère, y brilloit-il autre Ils prioient, dans l'état le plus humble ils dechose que faveur, grâce, et merci? »

meuroient repentants ; car du haut du trône de Ainsi parla notre père pénitent; Ève ne sentit la miséricorde la grâce prévenante descendue, pas moins de remords : ils allèrent 'aussitôt à la avoit oté la pierre de leurs cæurs, et fait croitre place où Dieu les avoit jugés ; ils tombèrent pros

à sa place une nouvelle chair régénérée qui externés révérencieusement devant lui, et tous haloit à présent d'inexprimables soupirs ; inspirés deux confessèrent humblement leur faute, et im- par l'esprit de prière, ces soupirs étoient portés plorèrent leur pardon, baignant la terre de lar-au ciel sur des ailes d'un vol plus rapide que la mes, remplissant l'air de leurs soupirs poussés par plus impétueuse éloquence. Toutefois le maintien des cæurs contrits, en signe d'une douleur sin- d’Adam et d'ève n'étoit pas celui de vils postucère et d'une humiliation profonde.

lants : leur demande ne parut pas moins importante que l'étoit celle de cet ancien couple des fables antiques (moins ancien pourtant que ce

lui-ci), de Deucalion et de la chaste Pyrrha, alors LIVRE ONZIÈME.

que pour rétablir la race humaine submergée, il

se tenoit religieusement devant le sanctuaire de ARGUMENT.

Thémis.

Les prières d'Adam et d'Ève volèrent droit au Le fils de Dieu présente à son Père les prières de nos pre ciel; elles ne manquèrent pas le chemin, vagamiers parents maintenant repentants, et il intercède pour eux. Dieu les exauce, mais il déclare qu'ils ne peuvent bondes ou dispersées par les vents envieux : touhabiter plus longtemps dans le paradis. Il envoie Michel tes spirituelles, elles passèrent la porte divine; avec une troupe de chérubins pour les en déposséder et alors revêtues par leur grand Médiateur de l'enpour révéler d'abord à Adam les choses futures. Descente de Michel. Adam montre à Ève certains signes funestes : eens qui fumoit sur l'autel d'or, elles arrivèrent

nous signs; he discerns Michael's approach; goes out to, meet him; the angel denounces their departure. Eve's lamentation. Adam pleads, bul submits : the angel leads him up to a high bill; sets before him in vision what shall happen till the flood.

XI.

Watering the ground, and with our sighs the air
Frequenting, sent from hearts contrite, in sign
Of sorrow unfeign'd, and humiliation meek?
Undoubtedly he will relent, and turn
From his displeasure; in whose look serene,
When angry most he seem'd and most severe,
What else but favour, grace, and mercy, shone? »

So spake our father penitent; nor Eve
Felt less remorse : they, forthwith to the place
Repairing where he judg’d them, prostrate fell
Defore him reverent; and both confess'd
Humbly their faults and pardon begg’d; with tears
Watering the ground, and with their sighs the air
Frequenting , sent from hearts contrite, in sign
Of sorrow unfeign'd, and humiliation meek.

Thus they, in lowliest plight, repentant stood,
Praying; for from the mercy-seat above
Prevenient grace descending had remov'd
The stony from their hearts, and made new flesh
Regenerate grow instead, that sighs now breailid
Unutterable; which the Spirit of prayer
Inspir’d, and wing'd for Heaven with speedier flight
Than loudest oratory : yet their port
Not of mean suitors; nor important less
Seem'd their petition, than when th' ancient pair
In fables old, less ancient yet than these,
Deucalion and chaste Pyrrha, to restore
The race of mankind drown'd, before the shrine
Of Themis stood devout.

To Heaven their prayers
Flew.up, nor miss'd the way, by envious winds
Blown vagabond or frustrate : in they pass’d
Dimensionless through Ileavenly doors; then clad
With incense, where the golden altar fum’d,
By their greal Intercessour, came in sight

BOOK XI.

THE ARGUMENT.

The Son of God presents to his Father the prayers of our first

parents, now repenting, and intercedes for them : God accepts them, but declares that they must no longer abide in Paradise; sends Michael with a band of cherubim to dispossess them; but first to reveal to Adam future things. Michael's coming down, Adam shows to Eve certain omi

jusqu'à la vue du Père, devant son trône. Le Le Père, sans nuage, serein : Fils, plein de joie en les présentant, commence « Toutes tes demandes pour l'homme, Fils ainsi à intercéder :

« agréable, sont obtenues; toutes tes demandes « Considère, ô mon Père, quels premiers fruits « étoient mes décrets. Mais d'habiter plus long« sur la terre sont sortis de ta grâce implantée « temps dans le paradis, la loi que j'ai donnée « dans l'homme, ces soupirs et ces prières, que

a à la nature le défend à l'homme. Ces purs et a mêlés à l'encens dans cet encensoir d'or, moi , a immortels éléments, qui ne connoissent rien « ton prêtre, j'apporte devant toi; fruits provenus « de matériel, aucun mélange inharmonieux et « de la semence jetée avec la contrition dans le souillé, le rejettent, maintenant infecté; ils « cour d'Adam, fruits d'une saveur plus agréa- « veulent s'en purger comme d'une maladie gros« ble que ceux (l'homme les cultivant de ses pro- « sière, le renvoyer à un air grossier, à une nour« pres mains) qu'auroient pu produire tous les « riture mortelle comme à ce qui peut le mieux « arbres du paradis, avant que l'homme fût dé- « le disposer à la dissolution opérée par le péché, « chu de l'innocence. Incline donc à présent l'o- « lequel altéra le premier toutes les choses, et « reille à sa supplication; entends ses soupirs quoi- « d'incorruptibles les rendit corruptibles. a que muets : ignorant des mots dans lesquels il « Au commencement j'avois créé l'homme « doit prier, laisse-moi les interpréter pour lui , « doué de deux beaux présents, de bonheur et « moi son avocat, sa victime de propitiation; « d'immortalité: le premier il l'a follement perdu; « greffe sur moi toutes ses æuvres bonnes ou non a la seconde n'eût servi qu'à éterniser sa misère; « bonnes; mes mérites perfectionneront les pre- « alors je l'ai pourvu de la mort; ainsi la mort « mières, et ma mort expiera les secondes. Ac- « est devenue son remède final. Après une vie

cepte-moi, et par moi reçois de ces infortunés éprouvée par une cruelle tribulation, épurée « une odeur de paix favorable à l'espèce humaine. « par la foi et par les æuvres de cette foi, éveillé « Que l'homme réconcilié vive au moins devant « à une seconde vie dans la rénovation du juste, « toi ses jours comptés, quoique tristes, jusqu'à « la mort élèvera l'homme vers moi avec le ciel « ce que la mort, son arrêt ( dont je demande a et la terre renouvelés. « l'adoucissement, non la révocation), le rende « Mais appelons maintenant en congrégation « à la meilleure vie où tout mon peuple racheté a tous les bénis, dans les vastes enceintes du ciel; a babitera avec moi dans la joie et la beatitude, je ne veux pas leur cacher mes jugements; « ne faisant qu'un avec moi, comme je ne fais qu'ils voient comment je procède avec l'espèce qu'un avec toi. »

« humaine, ainsi qu'ils ont vu dernièrement ma

[ocr errors]

Before the Father's throne : them the glad Son
Presenting, thus to intercede began :

« See , Father, what first-fruits on earth are sprung
From thy implanted grace in man; these sighs
And prayers, which in this golden censer, mix’d
With incense, I thy priest before thee bring;
Fruits of more pleasing savour, from thy seed
Sown with contrition in his lieart, than those
Which, his own hand manuring, all the trees
of Paradise could have produc'd, ere fall’n
From innocence. Now therefore bend thine ear
To supplication; hear his sighs, though mute :
Unskilful with what words to pray, let me
Interpret for him; me, his advocate
And propitiation; all his works on me,
Good, or not good, ingraft; my merit those
Shall perfect, and for these my death shall pay.
Accept me; and, in me, from these receive
The smell of peace toward mankind : let him live
Before thee reconcil'd, at least his days
Number'd, though sad; till death, his doom, (which I
To mitigate thus plead , not to reverse,)
To belter life shall yield him; where with me
All my redeem'd may dwell in joy and bliss;

Made one with me, as I with thee am one. »

To whom the Father, without cloud , serene :

« All thy request for man, accepted Son,
Ohtain; all thy request was my decree :
But, longer in that Paradise to dwell,
The law I gave to nature him forbids :
Those pure immortal elements, that know
No gross, no unharmonious mixture foul,
Eject him, tainted now; and purge him off,
As a distemper , gross', lo air as gross,
And mortal food; as may dispose him best
For dissolution wrought by sin; that first
Distemper'd all things, and of incorrupt
Corrupted.

I, at first, with two fair gifts
Created him endow'd; with happiness,
And immortality : that fondly lost,
This other sery'd but to eternize woe;
Till I provided death : so death becomes
His final remedy; and, after life,
Tried in sharp tribulation, and refin'd
Dy faith and faithful works, to second life,
Wak'd in the renovation of the just,
Resigns him up with Heaven and earth renew'd.

« PredošláPokračovať »