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se plaisoit à honorer, selon l'antique coutume consacrée par les lois , la mémoire de ceux qui lui avoient donné le jour. Son père, en quittant la vie devenoit pour lui un dieu, c'est-à-dire, un être immortel désormais , heureux , saint, et qui, du ciel où il habitoit, veilloit encore sur ses enfans, écoutoit leurs vœux (i), et les environnoit de sa protection et de son amour., On avouera qu'on peut s'en rapporter au témoignage des anciens, sur ce qui concerne leurs croyances; qu'on écoute donc l'un d'eux. « Je » ne sais quel destin trouble l'esprit des mortels: » semblables à des cylindres, ils roulent çà et » là, accablés d'une infinité de maux. Père de » tout ce qui existe, vous les délivreriez de ces » maux, si vous leur montriez quel est le démon » qui les inspire. Mais, prends courage, la race » des hommes est divine :lorsque, dépouillé de » ton corps, tu élèveras dans les régions éthé» rées, la mort n'aura plus sur toi de pouvoir; tu » seras un dieu immortel et incorruptible (2).»

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Un des principaux objets des mystères, étoit de rappeler aux initiés l'origine mortelle de la plupart des dieux (1). Nul nepouvoit l'ignorer: aussi les premiers Pères, qui vivoient au milieu

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<ies païens, qui presque tous avoient été euxmêmes élevés dans te paganisme, provoquoientiis avec confiance , sur ce point, le témoignage des idolâtres. « Nous attestons votre conscience; ■» qu'elle nous ]uge, qu'elle nous condamne , -si » elle peut nier que tous vos dieux n'aient étédes » hommes (1). » Ainsi parloit Tertullien? et, parmi les anciens apologistes de la religion, il n'en est pas un seul qui n'ait tenu le même langage (a).

«Pour tirer maintenant les conséquences des faits que nous venons d'établir, on voit d'abord da nécessité du culte, de l'adoration, de la prière* et du sacrifice, prouvée par le consentement unanime des peuples.

(i) Provocamus à vobis ad conscientiam vestram. Illa nos judicet, illa nos damnet, si poterit negare oirmes istos deos vestros homines fuisse. Apolog. c. X.

(2) Vid. Euseb. Praep. evang., 1.1, c. IX, p. 3i; etl. II, c V, p. 70. Id. Demonstr. evang., 1. VIII, p. 364. — Arnob. advers. gentes, p. 21. — Theophyl. ad Autôlyc. 1. T, c. 8 etseq. — Lactanl. divin, institut. 1. 1, c. 14 et 1. V, c. 20. — S. Cyprian. De idol. vanit. t. I. oper. p. 4o5. 'Wirceburgi, 1782. — Tatian. orat. ad Grsecos, c. XXXVI, p. 3o, 3i et 79. Ed. Worth. — Minut. Felic. c. XXII, p. ri3 et 114. ;Ed. 'Davis. — Recognit. S. Clément. 1. X, c. XXÏH et XXIV, p. 5g4 apud Patres apostolr tom. I. ed.Ckrici. —S. August. De civit.'Dei. I. VI, c.7, etl. VHT, c. 5 et 16.

Que nous offre encore l'idolâtrie de constant et d'universel? Sur quoi fut-elle toujours fondée? Premièrement sur la croyance traditionnelle que le monde étoit gouverné, sous l'empire d'un Dieu suprême, par une multitude d'esprits de différens ordres ; d'esprits bienfaisans , dont il importoit de rechercher la protection; et d'esprits mauvais, dont on devoit craindre la malice et la haine (1). Secondement sur la croyance également traditionnelle de l'immortalité del'âme ; on étoit persuadé que les hommes vertueux, élevés après la mort à un haut degré , de gloire et depuissance,continuoientdeprendre intérêt à ce qui se passoit sur la terre, et qu'il étoit utile de les invoquer (2). Qu'on examine

(1) Qu'il y ait dans le monde un certain genre d'esprit» malfaisans que nous appelons des démons , outre le témoignage éclatant des Ecritures divines , c'est une chose qui a été reconnue par le consentement coiumun de toutes les nations et de tous les peuples. Bossuet, Sermon pour le I" dimanche de carême , tom. II, p. 170. Ed. de Versailles.

(2) L'usage d'invoquer les âmes de ceux qui avoient vécu saintement, est bien marqué dans l'Alceste d'Euripide. « Ne croyez pas, dit le chœur, que le tombeau de » votre -épouse soit comme les tombes du vulgaire. Les » voyageurs lui rendront un culte semblable à celui des » dieux ; et en suivant l'oblique sentier, le passant dira:

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