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Ebranle les mondes tremblants. Que l’un, plus loin que l'autre, en étendant ses plants,

Étende aussi son héritage; Du peuple, au Champ-de-Mars, poursuivant le suffrage, Que celui-ci soit fier de ses nombreux clients; Celui-là, du grand nom qu'il reçut en partage; Cet autre, de ses meurs, comme de ses talents;

Pour les petits et pour les grands

La Mort tient la balance égale,
Et mêle tous les noms dans son urne fatale.
Les mets les plus exquis n'auront point de saveur

Pour celui qui, tremblant à table,
Voit un fer suspendu sur sa tête coupable.
Le concert des oiseaux, les sons d'un luth aimable,
Ne pourront du sommeil lui rendre la douceur,

Du sommeil! cet ami fidèle

De l'humble toit du laboureur,
Des vallons qu’un zéphyr rafraîchit de son aile,
Et des rives qu'ombrage un abri protecteur.
Celui qui, dans ses veux, se borne au nécessaire,

Ne craint ni la mer en fureur,
Ni du Chevreau naissant l'influence contraire,
Ni l'Ourse à son déclin, présage de terreur.
Que lui fait de ses champs la menteuse promesse,
Sa vigne, qu'en tombant, la grêle frappe et blesse,
Ou quelque arbre stérile, accusant tour à tour

Contracta pisces æquora sentiunt
Jactis in altum molibus; huc frequens

Cæmenta demittit redemptor
Cum famulis, dominusque terræ

Fastidiosus : sed timor et mina
Scandunt eodem quo dominus; neque

Decedit arata triremi, et
Post equitem sedet atra cura.

Quod si dolentem nec Phrygius lapis,
Nec purpurarum sidere clarior

Delenit usus, nec Falerna
Vitis, Achæmeniumque costum,

Cur invidendis postibus et novo
Sublime ritu moliar atrium?

Cur valle permutem Sabina
Divitias operosiores ?

а

Et la pluie et l'hiver, et jusqu'aux feux du jour ?
Par d'énormes rochers les habitants des ondes
Sentent se resserrer leurs demeures profondes,

Et sans relâche, envahissant les eaux,
Le riche, fatigué de la terre qu'il laisse,
Jette au loin les appuis de ses palais nouveaux.

Mais, vains efforts! jusque dans ses vaisseaux La crainte et les dangers le poursuivent sans cesse,

Et le chagrin, qu'à cheval il a fui,
Il le retrouve en croupe et galoppe avec lui.

Ah! si les marbres de Phrygie,
La
pourpre, avec les cieux rivalisant d'éclat,

Si le Falerne et le nard d'Arabie
Ne peuvent de son cæur guérir le triste état,

Pourquoi, m'exposant à l'envie,
Élèverais-je un orgueilleux palais ?
Pourquoi, contre des biens qui troubleraient ma vie.
Changerais-je Sabine et son vallon si frais ?

CARMEN II.

Angustam amice pauperiem pati
Robustus acri militia puer

Condiscat, et Parthos feroces
Vexet eques metuendus hasta,

Vitamque sub divo et trepidis agat
In rebus. Illum ex manibus hosticis

Matrona bellantis tyranni
Prospiciens et adulta virgo

Suspiret : « Eheu! ne rudis agminum
Sponsus lacessat regius asperum

Tactu leonem, quem cruenta
Per medias rapit ira cædes ! »

Dulce et decorum est pro patria mori.
Mors et fugacem persequitur virum,

Nec parcit imbellis juventæ
Poplitibus timidoque tergo.

ODE II.

Aux fatigues de Mars endurci dès l'enfance,
Que le jeune Romain sache avec patience

Souffrir l'étroite pauvreté;
Que, la lance à la main, cavalier redouté,

Du Parthe il dompte l'insolence,
Qu'il vive enfin, n'ayant que le ciel pour

abri,
Au milieu des dangers qui l'auront aguerri.
Qu'en le voyant, du haut d'une tour ennemie,
La mère du tyran que menacent ses coups,
La vierge, bientôt femme, en soupirant s'écrie :
« Inhabile aux combats, évite, cher époux,
Ce farouche lion, qu'une sanglante rage
Transporte et précipite au milieu du carnage. »
Mourir pour sa patrie est glorieux et doux.
La mort s'attache aux pas de l'homme sans courage,

Et n'épargne pas davantage
Cette jeunesse, au caur mal affermi,
Qui n'ose en face attendre un ennemi.

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