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du Christ; ses ministres avaient une seule foi, une seule doctrine ; ils pré. chaient l'obéissance, la soumission, le respect aux lois ! J'avais cependant déjà snscité Châtel et quelques autres comme lui, qui me servaient avec zèle, mais sans talent et surtout sans adresse ; il me manquait dans le sacerdoce un homme d'une imagination ardente, d'un talent supérieur, d'une brillante réputation, capable d'exercer sur l'esprit des autres prêtres du Christ une puissante influence. l'avais frappé à plus d'une porte, et pour toute réponse on me montrait d'une main le Christ, et de l'autre l'autorité de l'Église; on me disait : « Retire-toi, Satan! » et je me retirais confus. Enfin, je t'ai trouvé, La Mennais, et tu as entendu ma voix : je t'ai fait journaliste, je t'ai dit de créer « l'Avenir », et tu m'as obéi. C'était un acheminement pour faire de toi un petit prophète... Tes doctrines ont été condamnées : elles devaient l'être parce qu'elles émanaient de moi. Tu as paru te soumettre à la décision du Pontife romain, tout en résistant quelque peu : c'est encore moi qui t'ai dicté cette règle de conduite, parce que l'heure n'était pas venue, parce qu'une résistance opiniâtre eût été maladroite ; il fallait paraitre docile pour conserver tes partisans. On a cru à ta bonne foi : c'était un piége dans lequel beaucoup de gens sont tombés; j'en ai souri et tous mes démons aussi, comme bien tu le penses.

La tranquillité commençait à renaitre; les passions politiques s'apaisaient;

les idées d'une folle indépendance disparaissaient devant le besoin du repos; tout se calmait... A l'ouvre ! t'ai-je dit. Les torches de l'anarchie s'éteignent, il est temps de les secouer de nouveau !... Aussitôt, fidèle à mes inspirations, tu as lancé au milieu du monde tes « Paroles d'un croyant », ouvrage digne de moi, et dans lequel tu t'es surpassé. Foi de Satan, je n'ai rien vu de mieux! Ni les obscénités de Parny, ni les turpitudes de Voltaire, ni les folies de J.-J. Rousseau, ni les absurdités de Dupuy et de Volney ne m'amèneront autant de monde que les « Paroles d'un croyant ». Quel assemblage admirablement monstrueux de charité pour les uns et de baine pour les autres, de désirs de bonheur public et d'appels à la guerre civile, de douceur et d'amère exagération, de sentiments religieux et de parodie de l'Écriture!...

J'admire les ingénieuses pensées pour exciter les peuples à sortir de l'esclavage, à secouer le joug des rois, à lever l'étendard de la révolte, à s'unir pour la conquête de leur liberté. Comme ce républicain d'odieuse mémoire, tu proclamas, mais en termes plus pompeux, que l'insurrection est le plus saint des devoirs! Moi, Lucifer, je n'aurais pas dit autre chose; tu t'es identifié avec moi ! Plus de sujets, plus de distinction dans les rangs et les fortunes, plus de supériorité, plus d'obéissance, plus de maitres, plus de serviteurs, plus d'autorité paternelle, plus de tribunaux, parce qu'il n'y aura plus de lois, plus de religion, surtout parce que toute religion suppose quelque supériorité; plus rien enfin... que des frères !!! Quelle confusion! quels troubles ! quel chaos!... Je m'en réjouis d'avance, car voilà où ton système conduira les hommes! C'était aussi le mien, quand le Dieu que je suis forcé de reconnaitre pour mon maitre me précipita dans les abimes infernaux! J'avais, comme loi, voulu l'égalité!...

J'aime surtout les sept rois foulant aux pieds le Christ, buvant le sang

bumain dans les crânes humains... Quand Diderot voulait étrangler le dernier des rois avec les entrailles du dernier des prêtres, il n'en faisait pas une aussi belle peinture que toi ! Dans ces temps de désordre et de calamité où le vent de la persécution soufflait avec violence, où les têtes roulaient sur les échafauds, où les représentants d'un peuple libre faisaient couler à grands flots le sang innocent, et se torturaient à inventer des genres de mort plus expéditifs, où tout ce qui pouvait rappeler le Christ et sa doctrine étant banni avec la dernière rigueur, où la calomnie semblait avoir tout inventé, tout dit sur le compte des rois, on n'avait pas encore songé à les représenter buvant le sang humain dans des crânes humains. Ce progrès t'était réservé, illustre La Mennais ; maintenant tu peux cesser d'écrire... On ne saurait aller plus loin !!!...

Tant de zèle pour mes intérêts mérite une récompense, et tu l'obtiendras; l'or ne saurait te suffire : tu es le loup ravisseur couvert d'une peau de brebis ; ta place est réservée près de moi ; tu seras mon premier ministre, et cependant tu demeureras l'égal des hommes dont tu auras fait le bonheur! A bientôt, je t'attends : nous nous embrasserons en frères !...

LUCIFER. 100. Paroles d'une croyante; par mademoiselle Aimable Lebot. Paris , Gaume frères, 1834, in-8 de 88 pages.

101. Réfutation de l'Avenir, selon La Mennais et Châteaubriand; par J.-C.-B. Bonnin. Paris, Havard, 1834, in-8 de 32 pag.

102. Réplique de M. La Mennais. (Par M. Alph. Viollet). Paris, Duvernois; au bur. du Grand-Livre, 1834, in-8 de 24 pag.

103. Deux mots sur la Réplique de M. l'abbé de La Mennais; par H. F. J****. Paris, Duvernois, 1834, in-8 de 16 pag.

La Réplique n'est point de M. de La Mennais mais de M. Alph. Viollet.

104. Paroles d'un catholique, ou Défense de l'Ordre social; par l'abbé 0. Vidal. Paris, Méquignon junior, 1834, in-8 de 248 pages, 4 fr.

- Palabras de un catolico (impugnacion de las Palabras de un creyente), o Defensa del orden social, su autor el sr 0. Vidal , traduction libre; por el dr Frey D. Antonio Guillem de Mazon. Perpiñan, de la impr. de Alzine, 1835, in-12.

105. Deux mots de l'abbé de La Mennais, extraits des « Paroles d'un croyant ». Paris, de l'impr. d'Herhan, 1834, in-8 de 4 pag.

Signé : F.-D. Demay, officier destitué, mais non encore assommé ni aux galères, quoique combattant et décoré de juillet.

106. Réponse d'un chrétien aux « Paroles d'un croyant »; par l'abbé Baulain. Strasbourg, Février, et Paris, Derivaux, 1834, in-8 de 96 pages , 2 fr.

107. Lettres de monseigneur Tharin, ancien évêque de Strasbourg, à M. le comte de S***, sur l'ouvrage de M. l'abbé de La Mennais, intitulé : « Paroles d'un croyant ». Lyon, Rusand, 1834, in-8 de 88 pages.

Dans un petit livre du même prélat, intitulé « Méditations religieuses et politiques d'un exilé », 2e édit. (Paris, Gaume frères, 1835), in-18, on

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trouve un chapitre, le 26", intitulé Un Génie tombé. C'est une allusion très saisissante à M. de La Mennais, et fort juste.

« Où vas-tu, génie brûlant, coursier fougueux, tu ne sens plus le frein, tu cours aux abîmes ».

« Tu voulais être doux et docile, comme l'agneau sous la houlette du berger, et tu rugis comme le lion ; mais ta voix se perdra dans l'Église, ainsi que la voix du lion dans le désert ».

« Tu veux être le flambeau de l'Univers; et depuis ta révolte, je ne vois sortir de ta belle intelligence que les ténèbres de l'erreur, et de ton cæar passionné que les fumées de l'orgueil ».

« Tu veux être un grand arbre sous lequel les oiseaux du ciel trouvent un abri salutaire au moment de la tempête, et tu n'as plus de racines qu'à la surface du sol, et il ne faut qu'un coup de vent pour t'abattre ».

« La mer mugit contre le roc assis au fond de ses abimes; mais en vain elle le frappe jour et nuit : ses flots se brisent en écume contre la pierre, et se dissipent comme les nuages. Pauvre génie tombé! tu ne seras qu'une vague légère, qui se brisera contre le rocher de l'Église ».

Entends-tu sortir des entrailles de la terre ces mille voix confuses et funèbres qui t'appellent ? Ce sont les voix des enfants rebelles de l'épouse du Christ, qui n'ont pas dit avant leur dernière heure : Je me suis trompé, je me répens ».

« Jette un regard vers les collines éternelles ; et tu verras ton ange effacer, lentement, d'un air triste, ton beau nom sur le livre de vie. Arrête sa main par un cri de repentir. Il est temps encore. Ah! pauvre génie tombé! j'ai bien pitié de ton malheur; aie pitié de toi-même ».

108. Lettre encyclique de notre saint-père le pape Grégoire XVI à tous les patriarches, primats, archevêques et évêques, du 25 juin 1834. Paris, impr. d'Adrien Leclère et Comp., 1834, in-8 de 15 pag.

Portant condamnation des « Paroles d'un croyant ». (Voy. la note du no XXVI.

109. Lettre circulaire de M. l'évêque de Chartres (Claude-Hippolyte Clausels de Montals) au clergé de son diocèse, au sujet de l'encyclique de Grégoire XVI, portant condamnation des « Paroles d'un croyant ». Paris, de l'impr. d’Adrien Leclère et Comp. (8 sept.) 1834, in-8 de 63 pag.

110. Paroles (les) d'un croyant, revues, corrigées et augmentées; par un catholique (l'abbé Wrind:s). Paris, Jeanthon, 1834, in-8, 4 fr.

Le texte de M. de La Mennais n'est pas reproduit dans cette glose ou critique ; et pourtant, lorsque ce livre parut, l'éditeur de l'ouvrage de M. de La Mennais présumant que le public pourrait être trompé par le titre et acheter l'un pour l'autre, intenta un procès à M. Jeanthon, et le tribunal condamna à supprimer ce titre. Il fut remplacé par celui-ci : Réfutation des Paroles d'un croyant, selon l'Église romaine; par un catholique.

111. Paroles d'un conciliateur catholique, ou de l'Esprit religieux au dixneuvième siècle; par Victor Lagracerie. Paris, Dérivaux, 1834, in-8 de 268 pages, 2 fr.

112. Lettres (deux) à l'auteur des « Paroles d'un croyant », avec le facsimile d'une lettre de M. de La Mennais. (Par M. le marquis de La Gervesais). Paris, madame Goullet, 1834 , in-18 de 108 pages.

Voy. plus bas le n° 114.

113. Paroles de providence; par madame clarisse Vigoureux. Paris, Bossange père, 1848, in-8 de 236 pages, 5 fr.

114. Examen critique de l'ouvrage de M. l'abbé F. de Lamennais, intitulé: « Paroles d'un croyant ». Paris, Pihan-Delaforest, 1834, in-8 de 36 pages.

L'auteur termine cet écrit par ce paragraphe :

« Il ne nous reste qu'à prier Dieu de rappeler à l'humilité, au repentir, le cœur de M. l'abbé François (lisez Félicité) de La Mennais, et de lui faire miséricorde, s'il revient de son orgueilleuse frénésie ».

A la suite, et remplissant les pag. 33 à 36, est le post-scriptum que voici :

« Les derniers mots de l'opuscule qui précède exprimaient un væu sincère, de notre part, pour la guérison mentale de M. l'abbé F. de La Mennais »

« Mais voilà qu'au moment où nos pages sont sous presse, il nous tombe entre les mains une petite brochure toute récente, ayant pour titre : « Deux Lettres à l'auteur des Paroles d'un croyant », avec le fac-simile d'une « Réponse de M. de La Mennais », etc. » (Voy. le n° 112).

« Cette brochure est l'ouvrage d'un homme dont nous respectons l'âge et le nom, d'un homme qui a beaucoup écrit depuis quarante ans, mais qui n'a pas toujours su se préserver des écarts fréquents de son imagina

tion ».

« Cet homme est M. le marquis de (La Gervesais); et M. le marquis de ..... dit, dans sa seconde lettre : « Si le sort m'avait donné à débattre les conditions de l'existence, j'aurais recusé et d'être homme et d'être Français, et d'être noble (1), tant à chacun de ces titres, il y a lonte à recueillir ! »

« Du reste, les deux lettres, et quelques autres pièces qui suivent, prodiguent à M. de La Mennais les éloges de l'enthousiasme le plus outré , non seulement pour son talent et son génie, mais encore pour la haute sagesse des

Paroles d'un croyant, » pour l'admirable conception d'un système qui nie la légitimité des rois et de tout gouvernement quelconque, qui ne reconnait d'autre légitimité que la légitimité sociale, c'est-à-dire celle de l'association universelle des hommes appelés à vivre entre eux fraternellement, sans chefs, sans lois, sans tribunaux!... »

« M. l'abbé de La Mennais, cet écrivain d'un aussi beau talent, d'un si grand génie, répond en ces termes aux compliments du marquis de ...... « Je crois, Monsieur, que nous nous rapprochons beaucoup pour le fonds « des idées, si nous ne sommes pas tout-à-fait d'accord. Il y a beaucoup à

(1) M. de La Gervesais était très orgueilleux de sa noblesse: elle n'était pourtant pas ancienne. Son père était un pêcheur, qui, ayant fait une belle fortune par le commerce de sardines, avait acheté le titre de marquis. Aussi son fils a-t-il été connu en Bretagne sous le sobriquet de marquis de la Sardine.

« ces.

« faire pour éclairer les esprits, et cela demande du temps. Je nc m'y épar« gnerai point en ce qui me concerne autant que Dieu me donnera des for

Sauf le jugement trop favorable que vous portez de moi, je ne « trouve rien que de très vrai dans l’écrit que vous m'avez envoyé, et dont il se· rait bien désirable que les hommes de notre temps se pénéırassent, etc., etc. »

« Ainsi donc, M. l'abbé de La Mennais, qui, par le malheureux ouvrage que nous venons de critiquer, a causé dans le monde un déplorable scandale, et qui, pour ce même ouvrage, est sous le coup de la haute censure ecclésiastique; M. l'abbé de La Mennais, que nous supposions confus et repentant, écrit encore, de La Chenaie, sous la date du 9 août 1834, la lettre qui contient le passage ci-dessus transcrit : il annonce que tant que Dieu lui prêtera force, il continuera d'éclairer les esprits dans le sens des « Paroles d'un croyant »; il admet, comme vérités incontestables et conformes à ses propres doctrines, toutes les idées surprenantes que proclame aujourd'hui M. le marquis de ......... ).

a Pauvre abbé de La Mennais !... Est-il donc tout-à-fait en état de démence?"

Si M. l'abbé de La Mennais n'est pas fou, nous passons de la pitié à l'indignation : nous ne voyons plus en lui qu'un fils de Satan !... Nous n'avons plus qu'à lui dire : Errare humanum est, perseverare diabolicum !... »

115. Paroles d'un homme, dédiées au croyant de La Mennais; par HarroHarring. Trad. de l'all. par Emmanuel-Napoléon Perrot. Strasbourg, Schuler, et Paris, Dérivaux, 1834, in-8 de 76 pages, 3 fr.

116. Satanasso e la Revoluzione, con trapposto alle parole di un credente ; da Ludovico de Haller. Modena, 1836, in-8.

Ce n'est ici qu'une traduction. Nous ignorons où a paru l'original français, de cette réfutation des « Paroles d'un croyant ».

117. Pensées d'un croyant catholique, ou Considérations philosophiques, morales et religieuses sur le matérialisme moderne, et sur divers autres sujets, tels que l'âme de bêtes, la phrénologie, le suicide, le duel et le magnétisme animal; par P.-J.-C. Debreyne. Paris, Poussielgue-Rusand , 1839, in-8 de 30 flles 3/4, 5 fr. - Ille édit., augm. Paris, le même, 1844 , in-8, 6 fr.

118: Voyant (le); par Jos.-Prosper Enjelvin. Clermont-Ferrand, ThibaudLandriot, et Paris, Gaume frères, 1839, in-8 de 28 flles 1/4, 6 fr.

119. Examen des « Paroles d'un croyant »; par M. Du Plessis de Grenedan. 1840. Voy. le n° 137.

Troisièmes Mélanges (No XXVII). 120. Réponse d'un prêtre catholique français à un article des Troisièmes Mélanges de M. l'abbé de La Mennais. Paris, de l'impr. de Malteste, 1838, in-8 de 16 pag.

Affaires de Rome (No XXVIII). 121. Du dernier ouvrage de M. de La Mennais (Affaires de Rome); par

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