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sément ce qu'on appelle dans le langage reçu de tous les hommes, l'indifférence des religions. · Nous avons montré que le principe fondamental du protestantisme conduisoit à cette indifférence ; et la réunion récente des calvinistes et des luthériens n'en est-elle pas une preuve aussi frappante que publique? Les calvinistes nient la présence réelle que croient les luthériens. S'unir extérieurement en conservant chacun son opinion, n'est-ce pas évidemment déclarer qu'on peut nier ou croire la présence réelle

sont tous occupés de damner leurs frères errans. Les catholiques ne damnent personne. Ils abandonnent le jugement à Dieu, à qui seul il appartient. Seulement ils disent: Il existe une loi, et cette loi porte peine de mort contre ceux qui la violent volontairement. Les protestans n'en disent-ils pas autant à l'égard de la morale ?

sans s'exclure de la vraie Église, ou que ce dogme est indifférent au salut ? Qui ne condamne pas les sociniens, en dit autant de la Trinité, de la rédemption , des peines éternelles ? Or, qui oseroit aujourd'hui, parmi les réformés , condamner les sociniens , lorsque Genève toute entière défend même de les attaquer ? Mais aussi qu'y a-t-il alors qui ne soit pas indifférent dans la doctrine chrétienne ? Elle se réduit tout au plus à une foi vague en JésusChrist et en sa parole consignée dans l'Ecriture, dont la raison de chacun demeure l'unique interprète.

Il ne s'agit pas de savoir si tel protestant croit à tel dogme, inais s'il a le droit de faire à personne une obligation d'y croire comme lui, ou d'assurer avec certitude qu'il est nécessaire d'admettre ce dogme pour être sauvés. Si aucun protestant n'a

ce droit, il n'y a plus pour lui de symbole possible, car tout symbole se compose de ce qu'il est nécessaire de croire. Or, qu'on nous dise ce que c'est qu'une religion sans symbole ?

Forcé de convenir que les opinions de la réforme ont mille fois varié, qu'elles continueront de varier sans cesse (1), le ministre ne veut pas qu'on lui parle d'unité de la foi (2); et cet homme, dont l'Écriture est la règle, impose silence à saint Paul, qui dit avec une si énergique concision : « Un Dieu , une foi , un baptême (3); » et à Jésus-Christ lui-même , qui , près de mourir , prioit son père d'établir une

(1) Observations, etc. , p. 130 et suiv. (2) Idem, p. 121.

(3) Unus Dominus, una fides, unum baptisma. Ep. ad Ephes. IV, 5.

parfaite unité parmi les siens : « Qu'ils » soient un comme nous sommes un (1). » Mais, comme il faut

que

l'erreur se confonde par elle-même, nous renverrons le ministre français à un autre ministre, qui, dans un ouvrage publié récemment en Angleterre, avoue que l'unité est de l'essence même du christianisme (2).

Quand donc nous avons prouvé qu'il n'y a point d’unité dans la réforme, nous l'avons , par cela même, convaincue de n'être point la vraie Église, puisqu'elle manque d'un caractère qui lui est essentiel.

(1) Pater , sancte , serva eos in nomine tuo , quos dedisti mihi , ut sini unum, sicut et nos. Joann. XVII, 11.

(2) Unity is of the very essence of Christianity. Reflections concerning the expediency of a council of the church of England and the church of Rome being holilen, etc. By Samuel Wit, 2d edit. with additions. London, 1019. Pref. p. IV. ,

que,

Loin de contester aucune de nos preuves, M. Vincent leur donne un nouveau poids par ses aveux. Il confesse

non-seulement le protestantisme est dépourvu d'unité, mais qu'il est même impossible qu'il en ait jamais; et pour se soustraire aux conséquences qu'entraîne une pareille concession, il soutient que l'unité de foi ne sauroit exister dans aucune Église, c'est-à-dire, qu'il nie l'existence possible d'une vraie Église et d'une vraie religion; tant il juge la cause de la sienne désespérée !

Mais quoi, le ministre ignore-t-il donc que l'Église catholique a un symbole universel, immuable, que nous récitons tous, que nous croyons tous, et dont nous savons qu'il n'est permis à personne de s'écarter? Nous niera-t-il notre propre croyance? Nous fera-t-il douter qu'il y ait une loi à laquelle nous obéissons ? Nous persuadera-t-il que,

à

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