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avancée au mépris de la religion et de la choix , ni de choisir ce qu'un aulre aurait
piété, et qu'elle en renverse les fondements; introduit. Nous avons les apotres du Seigneur
qu'elle est blasphématoire, c'est-à-dire con- pour auteurs, qui n'ont pas eux-mêmes
traire à l'honneur et au respect dû à la ma- choisi la doctrine qu'ils ont enseignée, mais
jesté divine : qu'elle est séditieuse ou schis, qui l'ont prêchée fidèlement aux nations,
matique, c'est-à-dire propre à exciter des la même manière qu'ils l'avaient reçue de
schismes et des troubles dans l'Eglise. Ils Jésus-Christ. »
désignent encore quelquefois par des notes Saint Jérôme, après avoir apporté la même
particulières les autres mauvais effets que étymologie du nom d'hérésie, savoir, que ce
peut causer une proposition erronée : mais terme est dérivé du nom grec, qui signifie
les qualifications dont nous venons de parler élection (1), fait aussi la même remarque que
sont les plus ordinaires.

Tertullien : a que c'est avec raison qu'il est
Quoique loutes ces notes supposent la dit que l'hérélique se condamne lui-même,
fausseté de la proposition censurée, cepen- parce que les héréliques portent contre eux-
dant la qualification de fausseté ne se trouve mêmes leur sentence, en se retirant volon-
point dans le concile de Constance, et n'était tairement de l'Eglise, séparation qui est leur
pas autrefois employée par les théologiens propre condamnation.
dans leurs censures. Ils ne croyaient pas que Suivant ces principes, la source et la cause
la fausseté fût une qualification théologique;

ualification théologique; de toutes les hérésies est que les hommes se parce qu'une proposition, pour être fausse, sont éloignés de la doctrine que l'Eglise avait n'est pas pour cela contraire à la religion ni reçue par tradition des apôtres, pour en inà la piété ; et que la fausseté des propositions venter de nouvelles; la cause des schismes qui y sont contraires est assez désignée par est qu'ils se sont retirés de l'Eglise pour faire les autres qualifications qui supposent la des assemblées séparées : et la cause des erfausselé. Néanmoins l'usage s'est depuis in- reurs est qu'ils se sont éloignés des anciens troduit de commencer les censures par celle Pères pour suivre des opinions nouvelles. qualification générale, et de mettre ensuite les

Par conséquent le grand moyen d'éviter l'héautres qualifications par gradation, en rete- résie, le schisme et l'erreur, c'est de s'allacher nant la plus forte pour la dernière.

uniquement à la doctrine que l'Eglise a Nous pouvons ici rejeter en passant le reçue par tradition ; à demeurer inviolablesentiment de quelques théologicns , qui ont ment attaché à l'Eglise; à suivre le sentiment été assez hardis pour soutenir qu'une pro- unanime des Pères anciens; en un mot suiposition pouvait être vraie philosophique- vre celle règle de Vincent de Lérins (2): «Si ment, et fausse théologiquement. Proposition nous voulons ne pas tomber dans les frauqui a été justement censurée plusieurs fois ; car il est certain qu'il est impossible qu'une

(1) Hieron., lib. Il in Ep. ad Galul., c. 5. alperis autem

græce, ab electione dicitur , quod scilicet eaiu sibi unuschose soit vraie et fausse tout ensemble. Il se quisque eligat disci, linam , quam pulat esse meliorem. peut faire que l'on ne connaisse pas la vérité Quicumque igitur aller Scripturam intelligil, quam sensus ou la fausseté d'une proposition par la rai

Spiritus sancti Dagilat, quo conscripta est , licėl de Eccle

sia non recesserit, tamen hæreticus appellari potest. son, et qu'on la connaisse par la loi; mais

idem , l. 1, in Epist. ad Tituin , c. 3. Hæres's græce la chose en elle-même ne peut pas être vraie ab electione dicitur, quod scilicet unusquisque id sibi eligat et fausse : et si la foi nous apprend qu'elle quod ei melius esse videatur.

(2) vincent. Lirinens, in commonit. adversus hæreticos. est vraie, on ne peut pas dire que la raison

Sæpe igitur magno studio et sumina attentione perquirens la démontre fausse.

a quamplurimis sanclilale et doctrina præslaulibus viris, Après avoir parlé des diférentes sortes quonam modo possint certa quadam, et qiiasi generali ac re. d'erreurs, il est nécessaire de marquer les

gulari via catholicae fidei veritatem ab hæreticæ pravilatis

falsilalc discernere, hujusmodi semper responsun abi on causes qui y font tomber les hommes, et les uibus fere retuli : Quod sive ego, sive quis alius vellet moyens de les éviter.

exurgentium hæreticorum fraudes deprehe.idere, laqueusLa cause générale des hérésies et des er- que vilare el in lide sana sanus atque integer permanere,

duplici modo munire fidem suam, Domino adjuvante, dereurs est de s'écarter de la doctrine de l'E

berct. Primo scilicet, divinae legis auctoritale : tum deinde criture sainte et de la tradition , pour suivre Ecclesiæ catholicæ traditio:e. ..., sed hoc ita demum fiel; une opinion nouvelle que ni Jésus-Christ si scquamur universitatem, antiquitatem , consensioner... ni les apôtres n'ont enseignée. C'est ce qui a

Quid igitur lunc faciet christianus catholicus, si se alira

Ecclesiæ particula ab universalis fidei communione præcifait dire à Terlullien (1), « que le terme d'hé- derit ? Quid utique, nisi ut pestifero corruptoque membro, résie vient du verbe grec qui signifie choi- sanitatem universi corporis anteponat ? Quid si novella alisir; parce que c'est en choisissant une doc

qua contagio non jam portiunculam lantum, sed lolar pa

riier Ecclesiam commaculare conelur? Tuuc item providetrine que les hommes élablissenl ou embras

bil ut antiquitati inhæreat, quæ prorsum jam non jolest sent les hérésies C'est pourquoi l'Apôlre dit ab ulla novitatis fraude seduci. Quid si in ipsa vetustale, que l'hérétique se condamne lui-inéine. Mais duorum aut trium homiqum, vel cerie civitatis unius aut

etiam provinciæ alicujus error deprehendatur. Tunc om. pour nous, ajoute-t-il, il ne nous est pas

nino curabil, ut paucorun lemerilati vel inscientiæ , si permis de rien introduire pas notre propre

quæ sunt, universaliter antiqua universalis Ecelesiæ de

creta præponat. Quid si tale aliquid emergat, ubi nihil lille (1) Tertull , l. de Prrescrip. hæretico”. Hæreses dicæ jusmodi reperiatur ? Tunc operam dabit, nit conlalas inter græca voce ex interpretatione electionis, qua quis sive ad se majorum consulat interrogetque sententias ; eorun instituendas, sive ad suscipiendas eas ulitur. Ideo et sibi duntaxat, qui diversis licet temporibus el locis , in unitis damnalum dixil bæreticum, quia el in quo damnatur, sibi tamen Ecclesiae catholicæ communiune et lide permaneuelegil. Nobis vero nihil ex nostro arbitrio inducere licet, les, magistri probabiles exstiterunt, et quidquid non unus Be'd nec eligerc quod aliquis de arbitrio suo induxerit. aut duo tanlum, sed omnes pariter uno eodemque conA oslolos Domini habemus auctores, qui nec ipsi quicquam sensu aperte , frequenter, perseveranter, tenuisse, scrie ex suo arbitrio, quod inducerent, elegerunt; sed acceilamu psisse , Jocusse cognoverit , id sibi quoque intelliga! a Christo disci, linalu Jeliter nalienibus, assignaveruni. absque ulla dubitatione credendum.

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des et dans les lacs des hérétiques, et demeu- ligentia enim hæresis, non de Scriplu 'a est; rer dans la foi el dans la sainte doctrine, il et sensus, non sermo fil crimen.» Če Pere di faut avec le secours de Dieu appuyer sa foi encore en un autre endroit (1) que a les hérélisur deux fondements : premièrement, sur cues s'imaginent soulenir leurs sentiments l'autorité de la loi divine; secondement, sur par de bonnes raisons, parce qu'ils appuient la tradition de l'Eglise catholique, l'univer- ioutes leurs propositions par des témoignages salité, l'antiquité et le consentement univer- des livres sacrés, dont ils corrompent le sens sel des Eglises. Que doit donc faire un homme pour donner quelque apparence de vérité à qui reni etre catholique ? Si quelque particleurs opinions, et tromper par là les ignode l'Eglise s'est séparée de la communion de rants.» « Ce n'est pas, comme dit Vincent de la foi universelle, il doil préférer la santé de Lérins (2), que le canon des livres sacrés ne tout le corps à la pourriture et à la maladie soit parfait, et qu'il ne soit plus que suffisant; d'une partic : et si quelque nouveau poison mais le sens de l'Ecriture sainle étant trèss'efforce de s'emparer non seulement d'une relevé, tout le monde ne l'inlerprète pas de pelile partic, mais de presque loule l'Eglise, la même manière, les uns y donnant un sens, il s'attachera en cocas à l'antiquité, qui no les autres un autre. Novatien, Photin, Sabelpeul élre séduite par le mensonge de la nou- lius, Donat, Arius, Eunomius, Macédonius, v caulé. Si enfin il ne se trouve dans l'anti- Apollinaire, Priscillien, Jovinien, Pélaga, quilo que deux ou trois personnes, ou mê- Célestius et Nestorius, l'entendent chacun de mc une ville et une province qui aient cu leur manière. C'est à cause de ces différentes des sentiments particuliers, il aura soin de erreurs qu'il faut que l'interprétation propréférer à la lémérité ou à l'ignorance de phélique et apostolique soit réglée par le quelques-uns les dogmes reçus universelle- sens universel de l'Église, par l'antiquité, meni dans l'ancienne Eglise, s'il y en a sur par l'universalité, par le consentement à ce paint. Si enfin il s'élève quelque question ioules les Eglises du monde, » C'est par ce qu'on ne puisse décider de celle manière, moyen que l'on évile les écueils où lômbent alors il aura soin de consulter et de compa- ceux qui se fiant à leurs propres lumières, rer ensemble les sentiments des anciens qui interprètent l'Ecriture sainte selon leur proont vécu dans différents lieux et dans diffé- pre sens, ce qui se doil entendre, comme renls temps, et qui ayant loujours été reçus nous l'avons remarqué, dans les choses qui dans la communion et dans la foi de l'Eglise regardent la foi et la doctrine des mæurs. catholique, doivent être considérés comme Troisièmement, la trop grande curiosité a mailres recevables, et ce qui se trouvera souvent jeté les hommes dans l'erreur. Ils qu'ils auront non pas un ou deux seulement, veulent pénétrer el développer des mystères mais lous d'un consentement unanime ouver- obscurs el impénétrables. Au lieu de s'en lement, fréquemment, persévéramment tenu tenir à la simplicité de la foi, ils veulent subal coscigné, doit élre cru sans aucun doute. » tiliser; ils se plaisent à se former des diriCette règle est un préservatif général contre cultés et des questions obscures et distciles, les hérésics, les schismes et les erreurs, et le et se perdent en les voulant résoudre. Ils moyen sûr de les éviter. Ce qui fait que l'on passent de question en question, et ces quesy tonbe est qu'au lieu de la suivre on préfère lions dégénèrent en des disputes si méiale raisonnement à l'autorié de l'Ecriture physiques et si abstraites, que personne n'y sainte et de la tradition. On veut juger des eniend rien. Enfin à force de vouloir subtilimyslères par les principes de la raison et de ser et approfondir les matières, n'ayant plus la philosophie. C'est ce qui a fait dire souvent de règle certaine, ils s'écartent de la vérité, aux Pères que les philosophes étaient les pa- et parlent un langage inconnu aux apolres triarches des héréliques,

et aux Pères. C'est par là qu'Abailard, RosLa seconde cause des hérésies est qu'on se celin, Gilbert de la Porrée et tant d'autres se fie trop à ses propres lumières pour l'intelli- sont insensiblement engagés dans des opigence de l'Ecriture sainte, sans consulter la tradition ni l'Eglise. La plupart des bérésies

(1) idem, ibid., lib.IV.Videntur (Itæretici) sibi de singulis ne sont venues que de l'Ecriture sainte mal que asserunt præstare rationem, quia singulis assertionentendue; et il n'y a point eu d'hérétique qui bus suis qu.edam ex divinis voluminibus testimonia subdiuail prétendu soutenir son erreur par des

deru:it : que corruplo intelligentie sensu solis tantum

i morantibus blandian:ur, speciem verilatis secunduin prapassages des livres sacrés. « Mais ces per- vitalem interpretantium præstitura. sonnes, comme remarque saint Hilaire (1) (2) Vincent. Lir. in commonil. adver. Heret. Cum sit pero donnent aux paroles divines, dont la simpli

fectuis scriplurarum canon sibique ad omnia salis superpo cilc est admirable, le sens qu'elles veulent, et

sufficiat, quid opus est

, ut ei ecclesiasticae intelligente nions erronées que l'on a été obligé de pros- des vraies et des fausses visions, sa Iclire sur crire. Le moyen de ne point tomber dans cet le traité de Jean de Rusbrocck et l'apologie excès est de s'en tenir précisément à la foi de qu'il en fait, où il traite amplement de ces l'Eglise; de l'exposer dans les termes que points et enseigne en même temps les moyens . l'Ecriture sainte, les conciles et les Pères de ne s'y pas laisser tromper. C'est pourquoi l'ont exposée, et d'éviler toutes les questions nous ne nous étendrons pas davantage sur cet obscures et subtiles sur le quomodo, comme article. nous avons déjà remarqué.

jungatur auctoritas ? Quia videlicet Scripturain sacram pro les interprètent d'une manière opposée à la ipsa sua alliludine non uno eodemque sensu universi ala fuorce des termes. Car ce qui fait l'hérésie, ce piunt; sed ejusdem eloquia aliter aujue aliter, alios atquo

alius interpretatur ; ut pene quot homines sunt, ut illius n'est pas l'Ecriturc sainlc, mais la manière

senlenlie erui posse vidennuur. Aliter namque illam Norte dont clics l'cntendent; ce ne sont pas les paro- fianus, aliter Photinus, aliter Sabellius, aliter Donatus es. les, c'est leur sens qui est criminel : De intel- ponit :

: aliter Arius, Eunomius, Macedonius, aliter Arab naris, Priscillianus, aliter Jovinianus, Pelagius, Culedias

aliter postremo Nestorius. Alque idcirco nullum acoste (1) s. Trilarius, l. 11, de Trin. Exstilcrunt enim plurcs, qui est, propter lantos tam varii erroris aufractus, ut prophe cælestinin verborum simplicitatem pro voluntatis sux sensu ticæ el az ostolice interpretationis lin a secundum at pon pro veritatis ipsius absolutions suscipereni, aliter in- siastici ei catholici sensus normam dirigatur. Ia ipe is tarpretantes quam dictorum virtus pos!ularel. De intelli- catholica Ecclesia magnopere curanduin esl, ut teuerKriitia enim hirresis, non de Scriptura esl : cl Grasus non mus quod ubique, quod semper, quod ab omni'ni» 1-2. 6.17110 l crina'.

lui! est.

Nous ne parlerons point non plus des causes La qualrième cause qui porte les hommes morales des erreurs qui viennent plutôt de la à s'éloigner de la vérité, c'est le trop grand corruption du cæur que de la séduction de allachement pour ses maitres ou pour les l'esprit, telles que sont l'ambition, la vanité, sentiments d'un auteur. Celle prévention fait l'intérel et les autres passions qui ont souque l'on n'exainine plus la vérité avec le dé- vent porté les hommes à se faire chefs de sec-.. sintéressement nécessaire, et que non seule- te, à enseigner des nouveautés et à scséparer ment on embrasse aveug'ément des opinions de l'Eglise. Les anciens temps et les moderfausses, mais qu'on les défend avec chaleur, nes nous en fournissent une infinité d'exemqu'on les outre et qu'on les porte à un excès ples, et il est rare que quelques-unes de ces qui devient très-dangereux. Un principe sera passions n'aient possédé les premiers hérésoutenable ; cependant pour combattre un siarques. La coulume, l'habitude, le point adversaire on 'en tire une conséquence er- d'honneur, les liaisons d'amitié reliennent ronce, quelquefois sans examiner si la con- aussi bien des gens dans l'hérésie, qui en séquence est nécessaire ou non. La préven sortiraient s'ils étaient délivrés de ces liens, tion et la chaleur de la dispute font embrasser et qui préféreraient leur salut et la vérité à et soutenir la conséquence, toulc erronée toute autre chose. L'esprit de désobéissance, qu'elle est, en sorle qu'il arrive que les mai- le désir de secouer le joug des lois, et de se ires ne sont point dans l'erreur, et quc des délivrer des peines, des au-lérités et des audisciples y lombent en soutenant leurs senti- tres pratiques pénibles de l'Eg‘ise, le libermenis. Pour éviler cet écueil il ne faut ja- linage et la licence d'enfreindre le vau du mais agir par esprit de parli, et quelque res- célibal, ont été encore des motifs qui ont prel que l'on ait pour ses maitres, examiner dans les derniers temps porté bien des pertoujours leurs sentiments par les règles, et sonnes à sortir de l'Eglise. Par une raison les soutenir sans chaleur et sans entêle- contraire, les meurs déréglées des calholiment.

ques, et principalement l'ignorance et le déCinquièmement, l'invention de nouveaux réglemenides ecclésiastiques, le relâchement Termes et de nouvelles manières de parler de la discipline de l'Eglise, les superstitions puur expliquer les mystères porte souvent à assez communes, les abus dans la distribul'erreur. Rien n'est plus nécessaire pour tion des indulgences et des dispenses, en ont conserver la pureté de la foi que la propriété porté d'autres plus religieux, mais trop crédes expressions. Car, comme dit saini Au- dules, à quitter l'Eglise pour embrasser des gustin, il n'en est pas de même des théologiens secles qui faisaient profession de réformer comme des philosophes : ceux-ci ont la ces abus et de mener une vie tout évangéliliberté de se servir des expressions qu'ils que. Enfin Dieu qui punit par l'aveuglement veulent, et ils ne craignent pas comme les de l'esprit les cupidilés désordonnées du premiers d'offenser les oreilles picuses en ex- cæur, Spargens pænales cæcitates super illicipliquant des choses très-difficiles. Pour nous tas cupiditates, prive les pécheurs, en puniil nous faut toujours parler suivant une rè- tion de leurs crimes, des lumières nécessaires gle exacte. Liberis verbis loquuntur philoso- pour connaitre la vérilé et pour y persévéphi. et in rebus ad intelligendum difficillimis rer; et s'en rendant indignes par leurs déréoffensionem piurum aurium non pertimescunt: glements, ou négligeant de les demander, ils nobis autem ad certam regulam loqui fas est. tombent par leur faule dans un aveuglement. On a tenu dans l'Eglise comme suspects d'hé- falal qui les conduit dans l'erreur. résie ccux qui ne voulaient pas se servir des termes consacrés par l'usage de l'Eglise ou

CHAPITRE XXIII. par les définitions des conciles, et il est bien De la manière d'étudier, d'enseigner el de trais à craindre que ceux qui inventent de leur

ler la théologic. chef de nouveaux termes, et qui se servent de nouvelles manières pour exprimer les mystè- Quelque science que ce soit quc l'on veuillo res, ne tombent dans l'erreur.

apprendre, il est nécessaire d'étudier les prin. Les visions et les révélations des particu- cipes et les fondements sur lesquels elle est liers sont souvent cause de la séduction des établie. La théologie, comme nous avons dit, hommes. Il faut x joindre les fausses histoi- cst fondée sur la révélation, ct cette révélaris et les faux miracles, qui peuvent être tion nous est connue par l'Ecriture sainte et complés pour la sixième cause. Mais rien en par la tradilion. Ainsi la principale occupace genre n'a causé plus d'erreur que les ex- iion d'un homme qui veut devenir bon théo pressions des mystiques. Unc infinité de gens logien est d'étudier à fond l'une et l'autre. ont élé entrainés dans des erreurs par ces La leclure de l'Ecrilure sainte est utiled trois voies. On peut voir là-dessus Gerson tous les chrétiens pour leur instruction et dans ses ouvrages de l'examen de la doctri- pour leur édification : mais les théologiens ne, de l'épreuve dos esprits et de la distinction en doiyent laire une élude parliculiere pole

Atablir les dogmes de la religion, pour réfuter qui y ont leuri, les hérésies et les schismes Ics erreurs et pour y apprendre les règles de quis'y sont élevés, les décisions des conciles la morale chrélienne.

et les règles les plus générales de la disciPour en avoir une parfaite intelligence il pline. On doit encore lire les traités particufaut étudier l'hébreu, le grec et le latin. Mais liers des théologiens nouveaux, soit de conasant qu'on soil en état de s'appliquer à cette troversc, soit de dogme, soit de discipline, élude il faut avoir quelque connaissance de pour apprendre quels sont les points l'histoire sainte et des livres sacrés. On doit controversés, afin d'apercevoir, en lisant les apprendre à lous les enfants dès leur plus Pères, les choses qui peuvent servir à la détendre jeunesse, et particulièrement à ceux cision de ces questions. Avant que d'entre que l'on destine à l'état ecclésiastique, l'his- prendre la lecture des ouvrages des pères, il toire de l'Ancien cl du Nouveau Testament : faut nécessairement étudier l'histoire de c'est une des premières choses qu'on leur leur vie, et la critique de leurs ouvrages, afin doit enseigner. Dans la suite on peut leur de ne pas se tromper en prenant un auteur faire lire les livres historiques et moraux de des derniers siècles pour un auleur ancien, et l'Ancien el du Nouveau Testament. Mais un ouvrage supposé pour un yérilable. Il est quand on veut les appliquer à l'étude de la même bon de savoir sur quelle malière est théologie il serait bon de commencer par composé chaque ouvrage, et d'avoir un somleur faire lire des prolégomencs qui leur lis- maire de ce qu'il contient. Cela est d'un grand sent connaitre le nombre, la division et les usage pour lire utilement les Pères. C'est à auteurs des livres sacrés, et qui les instruisis- quoi je crois que ma Bibliothèque des auteurs sent des questions principales sur l'Ecriture ecclésiastiques sera de quelque usage. Quand sainte; après quoi il faudrait leur faire lire on aura connu par là les auteurs et les ouavec application tous les livres de l'Ancien et vrages des pères, on pourra lire d'abord ceux du Nouveau Testament, y joignant quelque qui sont les plus nécessaires pour s'instruire bon commentaire lalin qui les éclaircisse des des vérités essentielles de la religion. On pourra difficultés qui les peuvent arrêter, et leur même faire choix de ceux qu'on veut lire par donne l'intelligence du vrai sens de l'Ecriture rapport aux différents emplois auxquels on se sainte. Ils pourront changer de commenta- destine: car tous les ouvrages des Pères ne sont teur chaque fois qu'ils reliront le texte sacré pas également nécessaires à lous les ecclé(car c'est une étude qu'il ne faut point inter- siastiques. Ceux qui sont obligés d'enseigner rompre), et choisir sur chaque livre ceux qui les dogmes de la religion s'arrêteront aux traioni le mieux réussi. C'en est assez pour ceux lés quc les Pères ont faits pour les établir; qui ne veulent élre que médiocrement sa- ceux qui s'appliquent à la discipline ecclésias. vants. Mais pour ceux qui veulent savoir à lique liront les ouvrages qui y ont rapport; fond l'Ecriture sainte, il faut qu'après avoir ceux qui doivent annoncer la parole de Dieu appris l'hébreu et le grec, ils lisent les livres feront leur étude particulière des homélies des de critique des anciens et des modernes sur Pères et des autres æuvres morales ; chacun les livres sacrés ; qu'ils étudienl la chronolo- choisira ainsi les ouvrages des Pères qui gic et la géographic saintes; qu'ils allient conviennent à sa profession et à son enul'histoire de l'Ecriture sainte avec l'ancienne ploi. Mais ceux qui voudront se rendre habiles histoire profane, qu'ils lisent exactement le en tout genre, et savoir à fond la doctrine de texte original et les diverses leçons; qu'ils l'Eglise, se donneront lout entiers à la lecles comparent avec les versions; qu'ils en- ture des Pères de siècle en siècle. Ils com. treprennent la lecture des commentateurs au- menceront par lire les écrits des premiers ciens et modernes, catholiques et protestants, Pères contre les parens, et les apologies qui en ont expliqué la lettre; qu'ils voient de la religion chrétienne , el joindront à les dissertations qui ont été faites sur les dif- celle lcclure celle des auteurs modernes férentes questions qui concernent l'Ecriture qui ont fait des traités sur la vérité de la resainte ; qu'ils examinent toutes les difficultés ligion chrétienne. Ils liront ensuite les ouqui se présentent, et qu'ils découvrent autant vrages des Pères contre les premiers héréqu'il est possible le vrai sens des endroils tiques ; et en suivant l'ordre des temps ils les plus obscurs des livres saints.

verront tous les ouvrages polémiques des L'étude de la tradition n'est pas moins Pères. Ils auront soin de remarquer les pavaste. Elle comprend trois chefs : les écrits roles qu'ils y trouveront touchant la discides saints pères, les définitions des conciles, pline de l'Eglisc, tant à l'égard des sacrel'histoire de l'Eglise. Avant que d'entrepren- ments que par rapport au gouvernement dre de lire de suite les ouvrages des Pères, il de l'Eglise, et aux coutu.nes el céréinonies est bon d'avoir au moins une teinture de la qui ont été en usage dans chaque siècle. Ils théologie; mais il est inutile d'employer plu- ne négligeront pas non plus les traités de sieurs années à la lecture des théologiens morale, et les commentaires sur l'Ecriture scolastiques, il sullit d'avoir lu le Maitre des sainte, où l'on trouve plusieurs points de Sentences, et quelque bon commentateur, doctrine, de morale et do discipline. Enfin is commc Estius, ou quelque autre nouveau auront soin de loul lire et de ne rien laisser théologien ; il faut en même temps lire quel- échapper de ce qui peut leur donner quelques que abrégé de l'histoire de l'Eglise, dans lc- lumières pour connaitre la doctrine et la quel on puisse apprendre ce qui s'est passé discipline de l'anciennc Eglise. Ils continue. de plus considérable dans chaque siècle, les ront cette étude jusqu'au douzième siècle : ils personnes émincales en sainteié et en savoir pourront ućanmoins se dispenser de lire da longs commentaires allégoriques sur l'Ecri- avec beaucoup de peine et de travail. Chacun ture sainte de quelques-uns des anciens, et peut avoir sa méthode d'enseigner, el il y en les compilations qui ont été faites par les peut avoir plusieurs bonnes. Je ne prétends nouveaux , qui n'ont fait que copier les imposer aucune loi à personne : voici seuleanciens. Quand ils viendront au temps des ment un plan de l'ordre et de la méthode que scolastiques, après en avoir lu quelques je voudrais que l'on gardåt en enseignani la uos des principaux, et de ceux qui sont con- théologie. Il faut supposer que ceux à qui sidérés comme les chefs des différentes écoles, l'on entreprend de montrer la théologie saauxquels ils ne s'arrêteront pas néanmoins vent les langues, qu'ils parlent bien lalin, un temps considérable ; ils passeront de là qu'ils entendent le grec, et qu'ils savent un aus auteurs qui ont renouvelé la littéra- peu d'hébreu ; qu'ils ont des belles-leltres , ture dans le quinzième et le seizième siècle. Ils qu'ils ont lu les bons auteurs profanes, qu'ils trouveront dans ces deux siècles quantité de sont capables de parler et d'écrire d'uns bons auteurs et d'ouvrages de conséquence, manière supportable, qu'ils se sont accoutu. qu'ils parcourront avec plaisir et avec profit. més à penser et à raisonner juste, qu'ils n'iCeux qui veulent s'appliquer à la contro- gnorent pas les règles de la dialectique, qu'ils verse auront une ample matière pour s'exer- ont quelque connaissance de toutes les parcer. Le dix-septième siècle, fournit encore ties de la philosophie, qu'ils ont un plan de un grand nombre d'écrivains sur toutes l'histoire ecclésiastique et profane, qu'ils ont les matières de théologie : mais on aura assez étudié la chronologie et la géographie soin de faire dans ce siècle, aussi bien pour ne pas se tromper lourdement sur les que dans les précédents , un choix des meil- lemps ei les lieux. Ces choses supposées leurs auteurs et des plus excellents ouvra- dans les écoliers, je crois qu'il est du devoir ges ; car le nombre en est si grand qu'il du maitre de commencer par leur apprendre serait impossible de les lire tous, et il y en a d'abord l'histoire de la religion, de leur faire qui ne méritent pas d'être lus. On aura connaitre les auteurs et les livres de l'Ancien soin à chaque siècle de lire les auteurs ec- Testament, de leur donner une idée de l'élaclésiastiques et profanes qui ont écrit l'his

blissement et du progrès du christianisme sous loire du lemps. Mais la chose à quoi on doit les empereurs païens, el ensuite sous les prinplus particulièrement s'appliquer est la lec- ces chrétiens; de leur expliquer simplernent et iure des actes, des histoires, des réglements distinctement nos mystères, de leur en dooner et des canons des conciles, tant généraux les principales preuves , de leur indiquer les que nationaux ou provinciaux. On ne peut auteurs qui les ont défendus, les hérétiques qui pas se dispenser de lire les collecteurs des les ont attaqués et les conciles qui les ont déficanons, le décret de Gratien, les décrétales, nis; de leur faire un plan général de la disles ordonnances des princes qui concernent cipline de l'ancienne Eglise, et des changel'Eglise , et en général toutes les lois cc- ments qui y sont arrivés, et de les instruire des clésiastiques. Pour les canonistes, un théo- principes it des maximes de la morale chréJogien doit être fort sobre dans la lecture de lienne. Après celle instruction sommairc , leurs écrils : il suffit d'en lire un petit nom- on peut en même temps leur enseigner bre des meilleurs, sans fatiguer sa vue et trois choses : l'Ecriture sainte, l'histoire son esprit à la lecture de plusieurs gros vo- ecclésiastique, et ce qu'on appelle la théolumes de leurs ouvrages. Je ne dis rien à pré- logie. On commencera par les prolégomesent des ouvrages des casuistes, dont j'aurai nes de l'Ecrilure sainte, où l'on traitera lieu de parier en un autre endroit ; mais je à fond ce qui regarde les auteurs sacrés et recommande ici surlout la lecture des au- les livres de l'Ecriture sainle; on leur ensciteurs du seizième et du dix-septième siècle qui gnera en même temps la chronologie et la géo- . ont traité des questions particulières de con- graphie sacrées,qui appartienneni à l'histoire: troverse, de doctrinc, de discipline ou décré- et pour ce qui regarde la théologic, après avoir tale, par l'Ecriture sainte et par ia tradi- trailé en général de la vérité de la religion tion, ou qui ont agité et éclairci des points contre les Juifs, les païens et les athées, on de discipline. Il y en a un très-grand nombre expliquera les fondements de la doctrine dans ces deux derniers siècles, où l'on trouve chrélienne. Toutes ces malières ayant assez quantité de grandes questions décidées, exa- de connexion ensemble, les unes serviront minées et traitées avec tout le soin et l'exac. beaucoup à l'intelligence des autres, et toulitude qu'on peut désirer. Au reste il ne les ensemble seront comme la base el lo faut pas se borner aux auteurs catholiques, fondement de ce qu'on doit apprendre dans il faut qu'un homme qui veut savoir à fond la suite. On continucra donc à instruire nola théologic lise les écrivains de toutes les tre théologien en lui expliquant de suite sectes indifféremment, soit pour profiter de le texte des livres sacrés par des notes lilleurs lumières dans ce qu'ils ont de bon, soittérales. Pendant qu'on lui expliquera les pour connaître leur faible el se meltre en livres de l'Ancien Testament, on le fera enétat de les comballre.

trer dans les grandes questions de l'histoire Mais comme ces études demandent beau- sacrée el profane, depuis la création du moncoup de temps et de loisir, el qu'à peinc la vie de jusqu'à Jésus-Christ. Ces deux éludes d'un homme y peut suflire, on est heureux jointes ensemble seront d'un grand secours. de trouver des mailres consommés dans les élu. Parla même règle, quand on en sera venu des, qui puissent enseigner aux autres, soit de aux livres du Nouveau Testament , on traivive voix, soit par écrit, ce qu'ils ont appris lera en même temps de l'histoire noclésiasti

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