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est le signe distinctif du mérite, et l'embellit comme la rose est l'image de la beauté dont elle relève encore les charmes. Le sage est modeste parce qu'il est insensible à la flatterie. Ses droits sur l'estime publique sont trop incontestables et trop reconnus pour qu'il veuille perdre son temps à s'en faire un vain titre à la considération des hommes. Il aurait droit, il est vrai, de s'en glorifier à leurs yeux; mais ce n'est point une vaine fumée qui flatte son orgueil. Il lui faut une gloire plus pure, plus solide, et, surtout, plus digne de lui et de ses principes. Il laisse la jactance de l'hypocrisie, ressource impure et avilissante , au lâche et à l'ignorant qui ont besoin du masque du fanfaron et du pédant pour usurper un rang parmi les hommes. C'est leur unique bien ; le leur ôter serait, pour ainsi dire, les dépouiller de leur propre substance : c'est la monnaie dont ils se servent pour payer leur bail, et leur passe - port dans ce monde d'intrigues et de misères ; sans elle ils n'y pourraient pas vivre ou y seraient mal à leur aise. Le sage n'en est pas plus jaloux que le riche ne pourrait l'être du grossier aliment qui reste et suffit à peine à la subsistance du pauvre. Les grands discours, l'os- . tentation et le charlatanisme sont tout autant de déguisemens de la médiocrité ou de la fraude ; et la modestie est le plus bel apanage de la sagesse.

S XXXIX.

LE SAGE EST EXEMPT DE CALQMNIES.

La calomnie n'aime pas à lancer ses traits en l'air ; elle veut frapper au caur sa victime ou ne point l'attaquer. Mais

la conscience et la réputation du sage sont à l'abri de l'injustice des hommes ; et la vertu est une égide sur laquelle les armes offensives du méchant viennent s'é.nousser.

S XL,

LE SAGE NE CONNAÎT PAS LES DÉLAIS,

Dans toutes les circonstances de la vie le sage réfléchit et et délibère. S'il croit devoir agir de telle ou telle manière, it s'y détermine promptement; ou, dès l'instant qu'il juge à

propos de différer , il n'y songe plus. Toute incertitude est un signe évident de faiblesse , et le sage ne saurait être faible. La franchise, la fermeté, l'exactitude dans ses devoirs sont les premiers mobiles de ses actions, mais la négligence est un vice honteux qu'il regarde-comme l'un des plus contraires à sa morale. Point de science sans l'étude, point de gain sans le travail , point de vertu sans le sacrifice ; et rien de tout cela sans une volonté ferme et une franche détermination,

S XLI.

ENFIN LE SAGE EST LE SEUL QUI PUISSE PORTER LES AUTRES

A LA VERTU ET Y ÊTRE PORTÉ LUI-MÊME.

En effet, la vertu pourrait-elle jamais choisir un meilleur interprète que le sage ? Qui est mieux pénétré que lui de

l'utilité d'une bonne morale ? qui en goûte mieux le fruit ? qui en apprécie mieux les charmes ?.... Ce que l'on sent bien, on l'exprime de même ; et toutes les fois qu'on s'exprime convenablement on persuade. Mais, par malheur, le sage rencontre peu de disciples dignes de ses leçons : pour trouver quelque plaisir à les écouter , il faut y avoir déjà quelques heureuses dispositions ; et, surtout, posséder cette qualité naturelle, qui n'est pas à la portée de tous les hommes, la persévérance. Car de toutes les sciences, la plus rebutante est celle qui impose le plus de privations , le plus de sacrifices; et la vertu ne brille que par eux. Mais ce qui paraît d'abord une peine devient par la suite un plaisir qui fait heureusement sentir qu'elle n'a été qu'une pure précaution pour éviter de grands malheurs. Enfin, pour

bien comprendre les préceptes du sage et les suivre, il faut avoir déjà en soi les germes d'un bon naturel ou au moins y suppléer par une ferme résolution à les acquérir. Quoi qu'il en soit , la route de la sagesse est escarpée et couverte de ronces au commencement, unie et glissante au milieu , et semée de fruits et de fleurs à la fin : elle conduit au temple du bonheur.

FIN.

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